C'est le jour de vérité pour les 3.300 salariés (sans compter les sous-traitants) du site PSA d'Aulnay. Leur avenir est en effet discuté ce matin lors du Comité central d'entreprise où PSA, pressé de toutes parts, devrait révéler ses intentions.
Outre Aulnay, les syndicats attendent de connaître les projets pour l'usine de Rennes, où du sureffectif a été annoncé. Le sort de la filiale SevelNord (utilitaires coproduits avec Fiat) a été en revanche discuté dans un comité d'entreprise qui a eu lieu mercredi.
Jusqu'au dernier moment, les syndicats sont restés dans le flou, aussi bien au niveau global que pour Aulnay. Un durcissement du plan global d'économies (1 milliard d'euros par an) n'est notamment pas exclu. Ce plan prévoit cette année 1.900 suppressions de postes en France (et 2.400 chez des prestataires dans l'Hexagone) et 6.000 en Europe. Le 3 juillet, un syndicaliste FO a créé un certain émoi en évoquant la possibilité que le constructeur français supprime en France jusqu'à 10.000 postes.
Les pays émergents ne sauvent pas la mise
Les autres syndicats n'ont pas repris ce chiffre. Certains tentant de l'expliquer en additionnant les pires hypothèses : fermeture d'Aulnay, plus de 1.000 suppressions de postes à Rennes, 6 à 800 à Sevelnord, d'autres dans la recherche et développement, en plus des suppressions entrant progressivement en vigueur via des mobilités internes ou des départs négociés.
La mauvaise santé du marché européen (-18% au 1er semestre 2012), qui représente 60% des ventes de PSA, a plongé le groupe dans une situation plus délicate, après une année 2011 qui a vu sa branche automobile perdre de l'argent malgré la progression des ventes dans les pays émergents.
Montebourg au créneau
La question de l'avenir du site d'Aulnay est posée depuis la révélation en juin 2011 par la CGT de documents confidentiels envisageant sa fermeture à l'horizon 2014. PSA a régulièrement affirmé : "La fermeture n'est pas d'actualité". Mais les syndicats demandent en vain la prolongation de la production de C3 jusqu'en 2016 et l'attribution d'un nouveau véhicule.
Le 30 juin, le dossier est devenu politique. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, est en effet monté au créneau, demandant au patron du groupe, Philippe Varin, de "faire connaître ses intentions au plus vite et de façon précise". "Nous craignons que les mauvaises nouvelles PSA Peugeot Citroën soient un choc pour la nation", a-t-il ajouté mercredi (lire notre article : "PSA Aulnay : Montebourg craint 'un choc pour la nation'")








