En pleine controverse sur le dossier PSA - et, plus largement, sur les mesures de soutien à la filière automobile - Jean-Marc Ayrault reçoit cet après-midi à Matignon le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin. Cet entretien se déroulera à l'avant-veille du comité central d'entreprise du groupe sur le plan de suppression de 8000 postes en France et de la présentation en Conseil des ministres d'un plan de soutien à la filière automobile.
Le gouvernement doute des difficultés rencontrées par PSA, qui souffre de la chute des ventes en Europe, son principal marché. François Hollande a accusé sa direction de "mensonge" et d'avoir reporté l'annonce de son projet à l'après-présidentielle. Le président de la République a jugé ce plan social inacceptable en l'état et veut qu'il soit "renégocié". Un expert gouvernemental, Emmanuel Sartorius, est chargé de faire un point sur la situation du constructeur. Il rendra ses conclusions provisoires à la fin du mois. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est allé jusqu'à parler d'un "malade imaginaire", s'en prenant non seulement aux dirigeants de PSA, mais aussi à son principal actionnaire, la famille Peugeot, qui détient 25,4% du capital. Il a critiqué leur stratégie et l'alliance récente conclue avec le géant américain de l'automobile General Motors. "La famille Peugeot a un certain nombre de choses à nous dire je le crois", a ainsi lancé mardi Arnaud Montebourg lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée. Il s'est notamment demandé pourquoi il y avait eu "des opérations financières au moment même où Peugeot commençait à voir apparaître ses premières difficultés, et notamment le versement de dividendes".
Mercredi, journée décisif
Arnaud Montebourg a eu l'occasion de s'en expliquer, avant Jean-Marc Ayrault, dès mercredi dernier avec Philippe Varin, un jour après avoir rencontré les syndicats. Le 26 juillet, ce sera au tour du président du conseil de surveillance, Thierry Peugeot, de voir le ministre du Redressement productif. Mais la famille Peugeot n'a pas attendu ce rendez-vous pour se défendre. "Il y a des mots que je n'ai pas aimés et qui ont été répétés : mensonge et dissimulation. Nous sommes prêts à accepter la critique, mais il y a des limites", a déclaré Thierry Peugeot, qui s'inquiète aussi de la chute du cours de Bourse.
Dans ce contexte de tension, la rencontre de ce lundi entre Jean-Marc Ayrault et Philippe Varin apparaît comme le dernier rendez-vous avant un mercredi qui s'annonce décisif. Ce jour-là, le groupe dévoilera le détail de son projet de suppressions de postes et l'ampleur de sa perte semestrielle. Ce projet comprend la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, la réduction de l'activité du site de Rennes et "un plan de réduction des effectifs" hors production, applicable à tous les autres sites. Le CCE est prévu à partir de 9 heures. Un peu plus tard dans la matinée, le gouvernement dévoilera en conseil des ministres ses mesures d'aides à la filière automobile, déjà largement soutenue ces dernières années. Le plan gouvernemental, dont le ministre du Redressement productif a dévoilé les grandes lignes le 18 juillet, passera par un "soutien massif" aux véhicules "innovants et propres", en échange de "contreparties". Renault (dont le numéro un, Carlos Ghosn, rencontre mercredi Jean-Marc Ayrault) a fait de l'électrique un axe majeur de son développement, tandis que PSA privilégie l'hybride. L'idée d'une nouvelle prime à la casse a en revanche été écartée.
| Une bonne nouvelle pour Sevelnord |
PSA Peugeot Citroën et Toyota ont annoncé lundi un accord de coopération par lequel le constructeur automobile français construira pour le groupe japonais des véhicules utilitaires légers, un signe favorable pour l'avenir du site de Sevelnord. PSA recherchait un partenaire pour remplacer Fiat sur le site de Sevelnord, à Hordain, où il construisait ce type de véhicules en partenariat avec le groupe italien jusqu'à ce que ce dernier se retire. Le communiqué commun publié lundi par PSA et Toyota ne mentionne toutefois pas le site de Sevelnord car le dossier n'est pas encore bouclé. Le groupe français avait posé trois conditions pour la pérennité du site de Sevelnord, dont les deux premières sont désormais remplies: que l'accord avec Fiat soit formellement dénoué et qu'un nouveau partenaire soit trouvé. La dernière condition est de "s'assurer de la compétitivité du site", a expliqué un porte-parole de PSA, ajoutant que les "choses sont en bonne voie". |







