Après le choc de l'annonce de 8000 suppressions de postes en France, PSA s'est employé vendredi à défendre sa stratégie face à une opinion effarée par l'ampleur de la saignée sur l'emploi. Le directeur général des marques du constructeur, Frédéric Saint-Geours, s'est notamment exprimé sur France Inter. Pour admettre une marge de négociation sur la mise en oeuvre du plan... mais pas sur les mesures elles-mêmes. "Il faudra que nous discutions (...) de la mise en oeuvre du plan, mais sur les grands principes (...), ces mesures sont indispensables", a-t-il lancé. "Bien sûr" que le plan est "négociable puisqu'on est dans un processus avec les organisations syndicales", a insisté le numéro deux de PSA. "Par exemple, comment les gens vont être traités par les mesures de reconversion, comment nous allons faire en sorte que chaque salarié ait une solution à son problème d'emploi", a-t-il relevé, citant aussi le projet de réindustrialisation du site d'Aulnay, près de Paris, qui doit être fermé.
Pour justifier ce plan, PSA tente désormais d'expliquer ses décisions basées sur des prévisions d'une baisse durable du marché européen, où le constructeur vend 60% de ses véhicules. Et vendredi matin a clairement marqué la première étape de la contre-offensive de communication du groupe sur cette thématique : pendant que le n°2 du constructeur était sur France Inter, le patron de PSA, Philippe Varin, était sur RTL. "Nous avons fait des études approfondies sur tous les scénarios possibles", a-t-il assuré, en mettant en avant des pertes de 200 millions d'euros par mois actuellement (sachant que les résultats semestriels de PSA seront connus le 25 juillet).
Varin s'attaque au coût du travail
Et au-delà de ce plan, Philippe Varin a attaqué le coût du travail en France, dont il réclame une baisse importante. "Pour restaurer nos marges, il y a une marge de flexibilité sur le coût du travail. Nous avons le coût du travail le plus cher en Europe et nous produisons 44% de notre production en France, donc il faut baisser les charges qui pèsent sur le travail de manière massive". Alors que le gouvernement va présenter un plan automobile à la fin du mois de juillet, Philippe Varin a précisé : "Je comprends l'émotion et je comprends la vigilance, mais j'attends aussi de voir le 25 juillet quel pourra être le plan du gouvernement de soutien à l'ensemble de la filière automobile". Un plan auquel le groupe pourra contribuer à condition que les charges baissent, a souligné le patron du groupe. Rebondissant par ailleurs sur une polémique datant d'avant l'élection présidentielle, Philippe Varin a également tenu a rappeler que ce plan de restructuration n'était en rien "un enjeu de la période électorale" (lire notre article à ce sujet).
Ces mesures ont en tout cas provoqué un séisme politique : elles ont notamment été jugées dès jeudi inacceptables par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a rappelé à PSA son "devoir" envers la "nation France". Sur la même ligne, le député et ancien ministre UMP Bruno Le Maire s'en est pris à Philippe Varin vendredi matin sur Radio Classique et Public Sénat, jugeant qu'il avait pour "seule stratégie" des "plans sociaux et des fermetures d'usines", ce qui "n'est pas acceptable". Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a attaqué pour sa part l'utilisation des aides publiques faite par PSA, dont la prime à la casse (une "erreur" coûteuse selon lui), qui auraient dû servir davantage à définir la "voiture du futur".
Mais au-delà de la sphère politique, le plan ne semble pas avoir été mieux perçu par les marchés : le titre PSA Peugeot Citroën était en forte baisse vendredi en milieu de matinée, perdant près de 8%, alors que les perspectives financières du groupe restent toujours très inquiétantes, selon les analystes. Quant à l'agence de notation Moody's, qui avait déjà relégué PSA dans la catégorie spéculative, elle a fait savoir qu'elle envisage d'abaisser de nouveau la note du groupe.
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