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PSA : Hollande fait tiquer Baroin et ne convainc pas les syndicats

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le 15 juillet 2012 à 08h20 , mis à jour le 15 juillet 2012 à 15h09.
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Des ouvriers de l'usine d'Aulnay-sous-Bois PSA manifestent à Paris le 28 juin 2012.

Des ouvriers de l'usine d'Aulnay-sous-Bois PSA manifestent à Paris le 28 juin 2012. / Crédits : BERTRAND GUAY / AFP

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SocialDans les colonnes du Journal du Dimanche, l'ancien ministre de l'Economie répond au chef de l'Etat sur le dossier PSA : "C'est une mauvaise facilité que de s'essuyer les pieds sur ses prédécesseurs". Les syndicats, eux, attendent plus.

Environ 8000 postes supprimés, un site industriel emblématique, celui d'Aulnay, promis à la fermeture... et surtout, des responsables de PSA qui reconnaissent à demi-mot que le plan social était à l'étude depuis des mois : le dossier du constructeur automobile a été le premier, et le plus lourd au vu de son impact dans l'opinion, abordé samedi par François Hollande lors de son interview du 14 juillet. "Ce plan en l'état n'est pas acceptable, il ne sera pas accepté, à partir de là il faut engager une concertation pour qu'il n'y ait aucun licenciement sec chez Peugeot", a lancé le chef de l'Etat, affichant la fermeté. Tout en fustigeant la stratégie du premier groupe automobile français, dont il a déploré que les annonces faites jeudi aient été retardées volontairement après les élections présidentielle et législatives, et en prononçant le mot de "mensonge".

Un mot qui fait désormais bondir François Baroin. Dans le Journal du dimanche, l'ex-ministre UMP de l'Economie réfute avoir contraint PSA à repousser ses annonces après la présidentielle, comme l'a suggéré le chef de l'Etat. "C'est une mauvaise facilité que de s'essuyer les pieds sur ses prédécesseurs et cela ne résiste pas à l'analyse. Personne n'est dupe", dit-il. S'il reconnaît avoir reçu le PDG de PSA, Philippe Varin, François Baroin assure qu'il "n'avait jamais été question d'un plan de cette ampleur." Et de lancer : "Maintenant, la gauche est au pouvoir, ils doivent gérer cette situation", tout en soulignant que l'Etat a des moyens d'agir sur le chômage partiel, la reconversion des salariés, ou l'intervention d'entreprises publiques.

"L'impression que les politiques sont un peu complices"

Du côté des syndicats, le discours de François Hollande n'a guère suscité d'enthousiasme. On le juge sans surprise... tout en espérant mieux. Pour la CGT, premier syndicat de l'usine d'Aulnay, l'Etat a les moyens d'intervenir "pour empêcher tous les licenciements dans le groupe PSA et la fermeture de l'usine d'Aulnay". Et de souligner dans un communiqué : "François Hollande a reconnu que les dirigeants de PSA avaient menti. Il reconnaît donc que Peugeot avait décidé de fermer l'usine d'Aulnay depuis des années et que cette décision n'a rien à voir avec la soi-disante baisse des ventes de PSA pour le premier semestre 2012". Mais c'est de la lutte sociale, et non du gouvernement, que le syndicat espère obtenir des résultats. "On est une bombe sociale, politique, et ça, on va l'utiliser", assure ainsi Jean-Pierre Mercier, leader CGT à l'usine d'Aulnay, dans les colonnes du "Progrès".

Tania Sussest, déléguée du SIA, autre syndicat fortement représenté à l'usine PSA d'Aulnay, souhaite pour sa part "de vrais engagements" de la part du chef de l'Etat "pour assurer l'avenir des salariés d'Aulnay". Et elle avoue avoir "l'impression que les politiques sont un peu complices". Mais, ajoute-t-elle, "je ne me fais aucune illusion, PSA est un grand groupe privé. Déjà, ils n'ont rien pu faire chez Renault et l'ont laissé délocaliser la production en Afrique du nord". Du plan pour l'automobile du gouvernement, elle attend surtout "de vraies aides tournées vers les salariés", souhaitant "que l'Etat ne remplisse pas les caisses de PSA" à cette occasion.

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  • jeanmaulu : Merci pour ta reponse , effectivement au pied du mur mais ils ne sont pas tous infranchissables soyons inventifs et sortons la boite a outils

    Le 16/07/2012 à 08h37
  • pilagoran : La gauche est désemparée, prise au piège de son discours angélique et utopique. Vous discouriez ? J'en suis fort aise, eh bien agissez maintenant.

    Le 15/07/2012 à 22h58
  • rose-marie54 : Jeanmaulu::j'ai perdu quand j'étais en activité,la situation actuelle est que l'on a jamais pris à bras le corps certains problèmes,aujourd'hui nous sommes au pied du mur.

    Le 15/07/2012 à 20h23
  • jeanmaulu : Etes vous prete a perdre du salaire?

    Le 15/07/2012 à 18h32
  • louanna75 : On a vraiment un gouvernement catastrophique qui n'a pas encore commencé à réduire les dépenses ! ! !

    Le 15/07/2012 à 18h22
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