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PSA : pour les syndicats, "la guerre est déclarée"


le 12 juillet 2012 à 09h10 , mis à jour le 12 juillet 2012 à 16h46.
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Social"Séisme", "guerre", "dramatique" : les syndicats critiquent vivement les annonces de la direction du constructeur automobile. Bernard Thibault, le patron de la CGT, promet une réaction.

A peine l'annonce de la fermeture de l'usine d'Aulnay et de la suppression au global de 8.000 postes en France officialisée par PSA Peugeot Citroën jeudi matin, les syndicats ont exprimé leur colère. Et ils n'ont pas mâché leurs mots.

La CGT de PSA a été la plus virulente. "La guerre est déclarée", a-t-elle lancé. Interrogé sur RTL, Bernard Thibault, le patron de confédération, a quant à lui comparé la situation à un "séisme", promettant que sa centrale allait "réagir".  "Nous n'allons pas prendre pour argent comptant cette annonce brutale de  suppression d'emplois", a-t-il promis. "Je rappelle qu'il y a un an, nos représentants avaient déjà donné cette  information. Sans doute que le contexte électoral ne se prêtait pas à la confirmation de ce séisme", a-t-il lancé.

Bernard Thibault a aussi souligné qu'au-delà des 8.000 suppressions chez PSA, il fallait multiplier ce chiffre "par trois, voire quatre, pour mesurer l'impact en terme d'emploi pour l'ensemble du pays". Les sous-traitants seront en effet directement touchés par les baisses de commande.

"Il s'agit d'une purge sévère", a affirmé le leader de FO Jean-Claude Mailly après l'annonce de la suppression de 8.000 postes en France par PSA Peugeot Citröen. Selon lui, "les salariés de PSA sont en train de payer la facture des erreurs stragégiques" du groupe à l'international, notamment en Chine" et le paient "très cher. Les élus FO au CCE du groupe PSA Peugeot Citroen "vont demander la nomination d'un expert lors de la prochaine réunion extraordinaire du CCE", a indiqué M. Mailly. "L'Etat doit intervenir d'une manière ou d'une autre", a estimé le leader de FO. "Il y a urgence et le gouvernement doit examiner rapidement la possibilité de mesures spécifiques en matière de chômage et de formation professionnelle" pour les salariés, demande-t-il.

Selon Franck Don, délégué central CFTC, la situation est "dramatique", les salariés ont "un sentiment de dégoût", "on a été trompés et bafoués". "On ne peut plus dire que le groupe est familial et social. Il nous traite de manière incorrecte, lamentable", estime le syndicaliste. Avec cette annonce "à la veille des vacances", "M. Varin portera une responsabilité si des drames humains surviennent". M. Don est convaincu "que la stratégie de montée de gamme va amplifier et accélérer les pertes d'emplois sur le territoire, des emplois perdus à jamais". Et selon lui, "la baisse des effectifs en recherche et développement est gravissime et n'augure rien de bon pour l'avenir". "L'Etat a ses responsabilités. Si l'état financier le justifie, il faudrait que l'Etat intervienne pour faire partir certains salariés à la retraite".

Chez les salariés, c'est "la colère", a rapporté de son côté Anne Valleron, déléguée centrale CFE-CGC, "on est extrêmement choqués par l'ampleur du plan".

"La guerre" dans la bouche de la CGT

"On a assisté à un instant de vérité du groupe Peugeot qui s'est prononcé sur la fermeture officielle de PSA Aulnay en 2014 après 12 mois de mensonge. Varin a déclaré la guerre aux salariés sur le terrain de l'emploi", a déclaré, devant le siège de PSA à Paris jean-Pierre Mercier, délégué CGT de l'entreprise. "La Guerre est déclarée sur l'usine d'Aulnay. On est plusieurs centaines de salariés à être déterminés à défendre notre boulot." Après ces annonces, l'usine d'Aulnay tournait au ralenti jeudi midi, selon la direction. Pour la CGT, elle était à l'arrêt.

 

A Aulnay, "les salariés sont laminés, certains pleurent" (...) c'est vraiment difficile", a raconté sur BFM-TV Tania Sussest, déléguée SIA. "Cela fait un an que la direction nous ment, qu'elle nous dit que la fermeture d'Aulnay, ce n'est pas d'actualité, et là cela tombe avant les vacances", s'est-elle indigné.

La CGT de l'usine PSA de Rennes a estimé jeudi que "rien ne justifie ces suppressions d'emplois au niveau du groupe qui dégage des bénéfices astronomiques", après l'annonce de la suppression de 1.400 postes sur un total de 5.600 salariés de l'usine. "On demande qu'aucun emploi ne soit supprimé. On a besoin de tout le monde, que ce soit les ingénieurs, les cadres, les techniciens et les OS", a indiqué à l'AFP Noël Alix, ouvrier de production, représentant la CGT au CE. La CGT proposera un débrayage cet après-midi lors d'une consultation du personnel. 

"PSA a fait des choix stratégiques au détriment d'autres sites, PSA veut sacrifier des emplois par rapport à certains sites, notamment à l'étranger", a-t-il dit. "On nous a toujours dit qu'on était les meilleurs, qu'on faisait du haut de gamme et que c'était une reconnaissance du savoir-faire. Ici on sait faire de la bagnole, il faut qu'on nous donne les moyens pour faire de la bagnole", a-t-il poursuivi. "Allez voir la bourse, ce soir! Vous verrez comment l'action PSA va flamber. C'est bien un enjeu stratégique pour rassurer la famille Peugeot et les actionnaires", a-t-il conclu.

Pour Pierre Contesse (FO Rennes), c'est "une catastrophe". Rennes est "déjà une usine sinistrée", "cela va être très dur. On va essayer d'accompagner les gens le plus possible".

Inquiétude dans les autres usines du constructeur

"Aulnay était le premier sur la liste, les suivants c'est nous, c'est Sevelnord", a estimé le représentant CGT, Ludovic Bouvier, citant un document écrit par le directoire du groupe en 2010 et dévoilé en juin 2011, dans lequel PSA évoquait la "fermeture d'Aulnay, de Sevelnord et de Madrid". "En 2014, Aulnay ferme, dans l'année qui suit, ou début 2015, Sevelnord (ferme) aussi, puisque dans ce plan secret du directoire, il était clairement indiqué que la direction ne voudra pas fermer Aulnay et Sevelnord en même temps au regard des risques sociaux trop importants", a déclaré Ludovic Bouvier. "Les annonces faites ce (jeudi) matin par le groupe, ça nous laisse pas de marbre, ça nous inquiète au regard de ce qui a été écrit à l'époque et qui s'est déroulé jusqu'à maintenant et qui s'avère vrai", a-t-il poursuivi.

Les syndicats des sites PSA Peugeot-Citroën de Metz et Mulhouse (Haut-Rhin) se sont dits inquiets pour l'avenir des deux usines. "La fermeture en France d'une usine terminale touche quoiqu'il arrive les usines de fabrication", a réagi dans un communiqué la CGT de l'usine Metz-Borny (2.000 salariés) qui produit la moitié des boîtes de vitesses du groupe automobile.

"On est toujours inquiets quand des fermetures de sites sont annoncés. On fait partie d'un groupe, quand ça va mal quelque part, ça va mal partout", a pour sa part expliqué à l'AFP Robert Calvet, délégué syndical CFDT du site de Mulhouse. L'usine créée en 1961, qui emploie 8.250 salariés, produit des 206+ et 208 pour Peugeot et des C4 et DS4 pour Citroën. S'il n'est "pas trop inquiet concernant la charge de travail de l'usine car sur les lignes de montage, on a une visibilité assez bonne", il a estimé que la direction "navigue à vue dans les secteurs de la mécanique/métallurgie. Si demain on doit faire des économies, ce sera peut-être sur ces secteurs".

Commenter cet article

  • floyd_ice : On lui demande pas d'être normal mais compétent.

    Le 13/07/2012 à 12h55
  • tomilee59 : Si tu aime les voitures avec un bruit nouveau chaque jour, je te comprends, moi j'achète allemand, mon coté patriotique est deja fortement entamé quand j'ai payé mes impôts

    Le 12/07/2012 à 19h53
  • mondolino : Sauf que c'est un président normal. Hé oui ça change

    Le 12/07/2012 à 17h55
  • gillou955 : Dont plus 5 % pour les fonctionaires.

    Le 12/07/2012 à 17h49
  • baum68 : Avec Mr Sarkozy j'aurai eu plus de confiance pour les sortir de cette galère Allez au boulot.Hollande prouvez nous que vous ètes un président qui sait gèrer toutes les situations.

    Le 12/07/2012 à 17h14
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