Lundi matin, quatre jours après le choc de l'annonce de la fermeture programmée du site PSA d'Aulnay-sous-bois, la production avait repris, mais à petite vitesse dans l'usine. "L'usine est calme, mais ça fonctionne au ralenti. On prévoit des petites interruptions dans la journée liées à des retards", expliquait-on du côté de la direction. "On laisse les gens accuser le coup. La semaine dernière, certains salariés étaient désorientés, ont pleuré." Tania Sussest, déléguée du SIA, syndicat majoritaire au sein de l'usine, commentait pour sa part : "Les gens sont inquiets, ils essaient de comprendre ce qui va se passer". Car les incertitudes ne sont pas levées pour le site d'Aulnay. Fermera-t-il pour de bon ou un autre projet industriel prendra-t-il le relais ? Que pourra faire l'Etat ? Jusqu'à présent, les commentaires venus du gouvernement, ou de François Hollande lui-même, tournaient autour de deux points : l'annonce d'un tel plan social par PSA est "inacceptable", et le plan devra être "renégocié". D'ores et déjà, le gouvernement a chargé un expert d'examiner le bien fondé des décisions de PSA. Mais concrètement, que peut faire l'Etat ?
Interrogé lundi matin sur le cas PSA, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a appelé sur BFM-TV et RMC les salariés à "résister" : "rien n'est jamais définitivement décidé, il y a des choses qu'il faut faire évoluer obligatoirement. (...) Il faut qu'on fasse bouger le dossier, c'est évident". Et a estimé que si "l'Etat ne peut pas tout faire", il a toutefois "des moyens de pression".
"Exiger plus d'engagements" de PSA
"Je n'attendais pas d'annonce miracle de l'Etat, on ne peut pas tout faire sur une entreprise privée", a commenté le leader syndical, réagissant à l'intervention télévisée samedi de François Hollande. "Quelle est la marge de manoeuvre du gouvernement ? Le gouvernement, c'est tout ce qui est sollicitation de fonds publics", a-t-il ajouté, estimant qu'à "chaque fois qu'il y a une aide publique, il doit y avoir des contreparties". Selon lui, "il y a des moyens de pressions qui existent" notamment pour "exiger plus d'engagements en matière de revitalisation". "Il faut qu'il y ait un avenir industriel sur le site d'Aulnay", a-t-il répété. "Je le dis clairement même si c'est pas dans l'air du temps, il va falloir remettre en place à un moment donné des mécanismes de cessation anticipée d'activité (...) pour ceux qui ne sont pas très loin de la retraite", a souligné le leader syndical.
Lors du prochain comité d'entreprise, FO va demander la nomination d'un expert "pour essayer de regarder plus attentivement et analyser le dossier": "comment on va faire des départs volontaires sur Rennes? Il y a déjà eu des purges sur Rennes", a-t-il noté.








