"Pechiney, c'est mort et enterré aujourd'hui", résume Henri Morandini, délégué syndical CGT chez Rio Tinto Alcan France. Quatre ans après avoir avalé le canadien Alcan qui avait lui-même mis la main en 2003 sur Pechiney, Rio Tinto a annoncé lundi qu'il avait l'intention de céder treize sites de production d'aluminium dans le monde, dont trois en France, dans le cadre d'un plan de restructuration de sa branche aluminium.
L'objectif est d'affecter davantage de ressources financières à l'exploitation du minerai de fer, qui représente 80% des bénéfices du groupe. Rio Tinto veut aussi plus que doubler sa marge opérationnelle sur l'aluminium pour la porter à 40% d'ici 2015, a-t-il expliqué. Il compte ainsi concentrer ses ressources sur ses activités canadiennes, qui sont plus rentables.
Quel impact en France?
Les usines d'alumine de spécialité de Gardanne (Bouches-du-Rhône), leader dans la production d'alumine non-métallurgique, de la Bâthie (Savoie) et de Beyrède (Hautes-Pyrénées) sont concernées. Leur particularité: elles sont moins rentables que les sites de Dunkerque (Nord) et Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), qui produisent de l'aluminium primaire et que Rio Tinto entend conserver. Plus de 700 salariés sont concernés, selon la CGT: 460 à Gardanne, 160 à la Bâthie et une "centaine" à Beyrède. D'après des sources syndicales, quatre groupes seraient intéressés par Gardanne, et un japonais se serait manifesté pour la Bâthie.
Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Industrie s'est borné à indiquer qu'il "regardait de près" le dossier, sans autres détails. Rio Tinto a lancé des "consultations" avec les syndicats, inquiets de l'avenir de ces trois sites. Après deux comités d'entreprise, l'un en avril et l'autre en septembre, la direction doit faire un point avec les représentants syndicaux "mi-novembre".
Seize années seulement après sa privatisation, l'ancien empire français de l'aluminium Pechiney - numéro cinq mondial du secteur au moment de sa splendeur- a quasiment disparu. Le laminage d'aluminium est devenu indien, les emballages alimentaires et les flexibles à usage médical australiens. Mais l'activité de transformation d'aluminium, qui était sous bannière américaine, a recentré en début d'année son activité sur la France sous le nom de Constellium, grâce à l'appui financier de l'Etat.
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