Il jette l'éponge. Présenté pendant un temps comme le candidat le plus sérieux pour sauver la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), le groupe égyptien Arabiyya Lel Istithmaraat International a décidé de renoncer au projet de reprise . Cette décision de son conseil d'administration a été annoncée vendredi par son représentant en France Michel Billard de la Motte. Début février, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait annoncé que le gouvernement avait "décidé de s'engager derrière" cette offre. Il avait qualifié le dossier "de bonne qualité, d'un groupe égyptien qui a pignon sur rue, disposant de liquidités et de pétrole". Interrogée par l'AFP, une porte-parole du ministère du Redressement productif a souligné que "c'est un dossier extrêmement difficile". Le gouvernement a fait tout ce qu'il pouvait pour les accompagner (Istithmaraat, ndlr). Ils retirent leur offre mais s'agissant de Petroplus, nous nous battrons jusqu'au bout pour essayer de trouver une solution", a-t-elle assuré.
La société égyptienne y met les formes. Son président, Mohammed Metwalli,"tient à remercier vivement les pouvoirs publics français de leur soutien et de l'efficacité des moyens mis en œuvre tout le long de l'étude de cette reprise". "Cette décision négative est motivée par la grande complexité de cette reprise dans le cadre de la phase judiciaire actuelle et du peu de temps qui lui est imparti - compte tenu de son entrée tardive dans le processus - pour en maîtriser les risques et présenter un projet industriel viable", ajoute son communiqué.
"Aucune volonté d'aller de l'avant"
Yvon Scornet, porte-parole de l'intersyndicale, interrogé vendredi, a déclaré que "dès le départ, en passant trois heures à Paris avec leurs représentants", il avait "bien vu qu'il n'y avait aucune volonté d'aller de l'avant" de la part du groupe égyptien. "Selon le ministère, c'était le candidat le plus sérieux, parce qu'il avait le meilleur cabinet d'avocat, les meilleurs conseillers juridiques, mais il ne les a pas payés, il a simplement fait faire un devis qui n'engageait à rien". L'offre égyptienne faisait partie des projets de reprise de Petit-Couronne déposés début février auprès du tribunal de commerce de Rouen. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait estimé alors que cette offre ainsi que celle du groupe suisse Terrae International lui paraissaient "sérieuses et financées".
Tous les espoirs ne sont pas perdus. Depuis, la société libyenne Murzuq Oil et Terrae International ont décidé de faire une "offre conjointe". Elles ont demandé jeudi à rencontrer d'urgence le président de la République François Hollande. Deux autres sociétés, la panaméenne Net Oil et la chypriote FJ Energy Group, sont également en lice pour la reprise de la raffinerie. Ouvert en 1929, le site de Petit-Couronne est menacé depuis plus d'un an. La poursuite de l'activité est prévue jusqu'au 16 avril.
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