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Sanofi : bras de fer sur fond de menaces pour l'emploi


le 25 septembre 2012 à 08h17 , mis à jour le 25 septembre 2012 à 10h23.
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4min
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SocialLes représentants du personnel de Sanofi ont décidé de bouder les différents Comités centraux d'entreprises prévus ce mardi, faute d'avoir obtenu en amont les documents sur le plan que doit détailler la direction et qui viserait près de 2500 postes.

Les réunions des Comités centraux d'entreprises prévues ce mardi par Sanofi doivent avoir lieu en milieu de matinée au siège social de la recherche et développement (R&D) à Chilly-Mazarin (Essonne), à Gentilly (Val-de-Marne), à Anthony (Hauts-de-Seine) et sur les sites de production pharmaceutique à Lyon. Sanofi compte y présenter aux représentants du personnel les détails de son projet de restructuration. Selon les syndicats, 2500 postes pourraient disparaître en France, où Sanofi emploie environ 28.000 personnes sur 49 sites.

Mais aux yeux des syndicats, ces réunions sont tout simplement illégales. "Il y a de fortes chances pour que les comités d'entreprise ne se tiennent pas, sauf à ce que la direction passe outre au droit du travail", estime ainsi Thierry Bodin, coordonnateur CGT. Selon lui, la direction du groupe pharmaceutique n'avait toujours pas transmis lundi soir aux représentants des salariés les informations nécessaires à l'exercice de leur mandat. "La direction ne respecte pas le dialogue social et estime qu'elle peut remettre les documents aux élus lors du CE et pas avant", ajoute le syndicaliste. Voilà pourquoi, selon lui, aucun élu de l'intersyndicale CFDT, CGT, CFE-CGC, SUD et FO n'a prévu de se rendre à ces réunions.

Sanofi affirme respecter la loi

A la direction de Sanofi, un porte-parole a assuré que "dans ce processus, le groupe respecte la loi". Il a expliqué que les CCE prévus "sont des réunions extraordinaires de CCE auxquels sont convoqués les partenaires sociaux et au cours desquels les documents présentant les projets, dont on a parlé en juillet, seront remis". Les réunions d'information-consultation auront lieu "dans les prochaines semaines", a ajouté le porte-parole. Mais une lettre de l'inspectrice du travail du comité central d'entreprise de Chilly-Mazarin indique à la direction des ressources humaines que "la convocation de la réunion de ce 25 septembre ne satisfait pas les prescriptions édictées par l'article L 2325-15" du Code du travail. Elle estime que "l'ordre du jour ne peut être fixé que conjointement par la présidence et le secrétariat de l'instance (du CE), avec communications des documents en amont de la réunion".

Sanofi, qui a déjà supprimé 4000 postes entre 2009 et 2011, entend décliner en France son plan qui prévoit deux milliards d'euros d'économies d'ici à 2015 et a déjà touché d'autres pays d'Europe ainsi que les Etats Unis. Mais aux yeux des syndicats, le projet se justifie d'autant moins que le groupe reste largement bénéficiaire et que sa situation financière n'est ainsi pas comparable à celles de groupes en difficulté comme PSA Peugeot Citroën ou Alcatel Lucent qui ont récemment annoncé des plans de restructuration. Un expert, mandaté par les élus de Sanofi dans le cadre de la procédure de droit d'alerte, a conclu son rapport en affirmant que "compte tenu de la situation économique et financière du groupe et de ses perspectives, il est parfaitement possible de sauvegarder l'intégralité du potentiel scientifique de Sanofi, en particulier sur sa base française".

Arnaud Montebourg a assuré qu'il était aux côtés des syndicats pour obtenir le retrait du plan, selon les déclarations des représentants de l'intersyndicale reçus vendredi. La veille, le ministre avait réclamé un accord entre la direction de Sanofi et les syndicats. "Sinon, nous verrons comment nous réexaminerons le dossier Sanofi", avait-il ajouté lors d'une émission de télévision. Le maire de Toulouse Pierre Cohen, qui a aussi reçu l'intersyndicale de Sanofi la semaine dernière, a de son côté déclaré que "toutes les conditions (étaient) réunies pour considérer que la direction se comporte en patron voyou". Sanofi s'est dit "choqué" par ces propos.

Commenter cet article

  • unvoisin13 : Franky37, certe celà n'a jamais été anticipé comme telle, mais c'ést hélas une des conséquences direct de la mondialisation. S'adapter ou couler

    Le 25/09/2012 à 15h59
  • franky37 : Unvoisin13 : c'est justement ce qu'on reproche à cette économie qui n'a plus de sens : le profit au détriment de ceux qui la font prospérer !

    Le 25/09/2012 à 15h34
  • unvoisin13 : C'est exact Kossoto, mais dans une économie globale, c'est inévitable. L'appauvrissement (des travailleurs) de notre vieux continent ce fait au détriment des pays émergents. Peux-t'on vraiment le leurs reprocher? belle question éthique.

    Le 25/09/2012 à 12h45
  • nebuleuse57 : Le redresseur des causes perdues vous soutient,comme il a soutenu PSA,MITTAL ect.....bon courage.

    Le 25/09/2012 à 10h57
  • kosotto1 : Sanofi comme beaucoup d'autres grandes entreprises utilise le prétexte de la crise pour restructurer à moindre frais et augmenter ses profits.

    Le 25/09/2012 à 08h40
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