Plus de trois millions de chômeurs en août. Michel Sapin a confirmé mercredi que le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi sera "forcément mauvais" en dépassant ce seuil symbolique, alors que le nombre d'inscrits en août sera dévoilé en fin de journée.
"Oui, c'est mauvais, c'est forcément mauvais, au rythme qui était déjà acquis avant l'été, je m'attends bien entendu à ce que le chiffre, qui est symbolique mais enfin qui est fort, des trois millions de chômeurs en France sera dépassé", a-t-il déclaré sur France 2.
Ces trois millions de demandeurs d'emploi sans aucune activité, "c'est beaucoup de désespoir" mais "c'est le résultat d'une politique", "trois millions de chômeurs que nous avons trouvés en arrivant", et "l'une des raisons pour lesquelles les Français ont souhaité changer de président de la République", a-t-il affirmé.
16e mois consécutif de hausse
Des plans sociaux "repoussés", "dissimulés", a détaillé le ministre du Travail. La "responsabilité pour l'avenir" de son gouvernement est de "mettre en oeuvre des politiques" pour à la fois "limiter" les effets des plans sociaux et "des outils en faveur de l'emploi", comme les emplois d'avenir et les contrats de génération.
Avec 41.300 inscrits de plus à Pôle emploi dans la catégorie A (sans aucune activité) en juillet, soit 2,987 millions au total, le chômage avait connu une poussée inégalée depuis le printemps 2009. La hausse attendue pour août marquera le 16e mois consécutif de hausse.
Inverser la courbe du chômage, "difficilement" réalisable
"Quand on a une croissance proche de zéro, le chômage augmente, il y a un effet quasi mécanique", a fait valoir, de son côté, le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly sur Europe 1. L'objectif du gouvernement d'inverser la courbe sera "difficilement" atteignable, a-t-il estimé. "S'il y a trois millions de chômeurs, que (François Hollande) fasse une autre politique économique et on aura moins de chômeurs", a-t-il lancé.
Son homologue de la CFDT François Chérèque, a également commenté le sujet sur RMC-BFMTV. Si "le chômage de masse en France dure depuis plus de 30 ans", la hausse du nombre de demandeurs d'emploi "n'est pas inéluctable" car "on voit bien que d'autres pays qui sont dans des situations économiques aussi compliquées ont de meilleurs résultats", a-t-il déclaré M. Chérèque. Pour le numéro 1 de la CFDT, qui passera la main fin novembre, "une des difficultés dans notre pays, c'est le manque d'anticipation" dans les entreprises, par un "dialogue" sur les stratégies et l'emploi entre la direction et les salariés, "l'exemple de Peugeot est malheureusement le plus fort".







