"Plusieurs milliers" d'emplois ? Selon le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, Sanofi envisagerait une très forte restructuration, alors que le groupe pharmaceutique n'a lui-même jamais communiqué officiellement sur l'impact social de ses projets de réorganisation.
"Sanofi vient de débarquer à Bercy pour nous dire: 'nous envisageons plusieurs milliers de suppressions d'emplois'", a déclaré au Sénat Arnaud Montebourg, au milieu de l'énumération des récents plans sociaux annoncés. "Que ne l'avez-vous pas dit plus tôt ? Car l'année dernière vous faisiez cinq milliards d'euros de bénéfices", a ajouté le ministre, à l'attention des dirigeants de Sanofi.
Arnaud Montebourg avait reçu lundi 2 juillet le patron de Sanofi Chris Viehbacher, quelques jours avant un comité de groupe, au cours duquel le groupe pharmaceutique a dévoilé un projet de réorganisation en France de ses activités de recherche, de vaccins et ses fonctions support.
1.200 à 2.500 postes selon les syndicats
Si les syndicats y voient l'annonce déguisée d'"un nouveau plan de restructuration" pouvant toucher 1.200 à 2.500 postes en France, la direction de Sanofi n'a officiellement donné aucune évaluation de l'impact social de son plan.
Un comité central d'entreprise se tenait jeudi, à Chilly-Mazarin (Essonne), au siège de la recherche et développement du groupe. A cette occasion, un porte-parole de Sanofi a "affirmé la volonté (du groupe) d'engager une phase de dialogue avec les partenaires sociaux dans le but de présenter un projet dans le courant du mois de septembre".
Plusieurs manifestation sont eu lieu dans la journée. 500 salariés, selon les syndicats, manifestaient jeudi devant le siège de la Recherche et développement pharmaceutique à Chilly-Mazarin dans l'Essonne. Trois-quart des 640 salariés du site de recherche de Toulouse, menacé par la restructuration, étaient en grève et plus de 300 d'entre eux manifestaient jeudi.









