Personne n'est content. Le coup de pouce au Smic que doit dévoiler le gouvernement Ayrault ce mardi, ne contentera ni patronat ni syndicats.
Lundi, la patronne du Medef, Laurence Parisot, a redit son espoir que "compte tenu de la situation économique", le gouvernement n'ira pas au-delà de la ligne d'un coup de pouce "raisonnable" et que l'augmentation restera limitée. "Ce qui est acceptable, c'est une augmentation qui est conforme à ce qui se fait depuis des années et qui serait liée et exclusivement liée à des critères objectifs comme l'inflation (...) Toute augmentation au-delà des critères objectifs ferait peser un risque majeur pour l'emploi", a-t-elle répété. De leur côté, les artisans ont demandé vendredi au gouvernement de le "limiter au maximum", tout en pointant le risque de "freiner les perspectives d'embauches", du fait du renchérissement du coût du travail.
Conscients des réticences patronales, le ministre du Travail, Michel Sapin, avait déjà annoncé qu'il n'y aurait pas de "choc", du fait du contexte économique. Une hausse de 2% est attendue.
Les syndicats espéraient 4 à 5%
Et c'est ce qui fait grincer les dents des syndicats. Pour la CGT, 2% serait "trop modeste". "On s'attend toujours à l'annonce d'un chiffre situé entre 4 et 5%", déclarait Paul Fourier vendredi, dont le syndicat réclame de 300 euros nets de plus par mois pour un temps plein.
Lundi sur France Inter, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a estimé qu'une hausse de 2% constituerait un "premier faux pas" de la part du gouvernement. Le syndicaliste souhaitait une hausse de 5%. "On ne peut pas annoncer pendant une campagne 'on va faire un coup de pouce' et faire un coup de pouce qui serait en fait, selon la manière dont on calcule, entre 0,1 et 0,4%" si l'on enlève la part correspondant à l'augmentation obligatoire suivant l'inflation, estime M. Mailly.
"La frustration, je peux la comprendre mais il faut se rendre compte que ce sera la première fois depuis cinq ans (...) qu'il y aura un coup de pouce au smic, il faut aussi savoir que le smic ne doit pas déstabiliser la hiérarchie des salaires car sinon on détruit des emplois", a répondu le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.







