2% ou 2,5%, voire moins ? Le 1er juillet une revalorisation intermédiaire du Smic sera effective sur la fiche de paie pour "rattraper ce qui n'a pas été accordé" durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Au risque de décevoir les salariés et les syndicats, le gouvernement a répété vendredi que la hausse serait "raisonnable" et que "les arbitrages n'avaient pas été rendus". Cette augmentation sera annoncée par le ministre du Travail Michel Sapin mardi à la Commission nationale de la négociation collective. Auparavant, le ministre aura rencontré le Comité d'experts sur le Smic, composé de cinq économistes, consulté avant chaque hausse légale. Un décret sera présenté mercredi en Conseil des ministres.
L'équation est délicate pour le gouvernement, appelé à "concilier deux logiques": préserver la compétitivité des entreprises, surtout des PME, où la proportion de smicards est la plus élevée et augmenter le pouvoir d'achat des bas revenus. "Entre les deux, on recherche le chemin", résumait-on cette semaine dans l'entourage de Michel Sapin, tout en reconnaissant que le contexte ne permettrait "pas de combler toutes les espérances". La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a parlé dimanche d'un "compromis" entre "une période difficile" et la nécessité d'un "signal" en matière de pouvoir d'achat.
Le patronat alarmiste
Une hausse d'1% représente 11 euros nets de plus pour un plein temps. Un salarié sur dix environ est payé au salaire minimum (9,22 euros de l'heure, soit 1.398 euros bruts et 1.096 nets pour 35 heures). Pour la CGT, 2% serait "trop modeste". Force ouvrière redoute aussi que les salariés ne soient "déçus" si ce "coup de pouce" de juillet ne devait être qu'une avance sur la hausse obligatoire du 1er janvier prochain en fonction de l'inflation. Dimanche, le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon a renchéri en jugeant que 2% serait "dérisoire" et même "une erreur". "On aurait dû être à plus de quatre points d'augmentation", a-t-il dit.
Du côté du patronat, le ton est alarmiste. Un coup de pouce au Smic mettrait "en danger" des milliers de petites entreprises, affirme la CGPME, risquerait de "freiner les perspectives d'embauches", selon l'organisation des artisans UPA. Même faible, il fera peser un "risque sérieux sur l'emploi", a prévenu la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Mais au-delà du niveau du Smic, deux autres débats sont ouverts, notamment par la CFDT et la CFTC, celui de l'évolution des salaires et du temps partiel. "Le vrai problème, outre le niveau du salaire, c'est le temps de travail", a récemment pointé le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. La CFTC, elle, réclame un débat sur une politique globale de hausse des revenus, afin de régler le problème des travailleurs pauvres. Cette question sera abordée lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet. Le gouvernement réfléchit aussi à modifier les règles de revalorisation du salaire minimum pour l'indexer en partie sur la croissance.
Voir la vidéo de Marisol Touraine sur la hausse du Smic
Voir la vidéo "SMIC : Mailly dénonce un "trop petit coup de pouce"
Voir la vidéo "Une hausse du Smic, "très risqué pour l'emploi" juge Parisot"







