"Non, il n'y aura pas de licenciements secs, nous proposerons une solution à chaque salarié". Le constructeur automobile PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé jeudi la suppression de 8.000 postes, ne procédera pas à des "licenciements secs", a déclaré le patron du groupe Philippe Varin invité du journal télévisé de TF1. Le dirigeant a déclaré comprendre l'émotion suscitée par cette annonce. Il s'agit de "décisions très lourdes, très douloureuses à prendre" mais "il fallait les prendre", a ajouté celui qui est à la tête de PSA depuis juin 2009.
Le constructeur ne sollicite pas d'aide financière de lEtat. Au cours de l'entretien, le patron du groupe automobile a une nouvelle fois rejeté l'idée d'un prêt ou d'une entrée de l'Etat au capital. "Ce qui est en jeu, ce n'est pas de mettre plus d'argent dans PSA, c'est d'assurer un avenir à nos usines", a souligné le dirigeant. Je suis convaincu que le plan que nous mettons en œuvre est vital pour l'avenir du groupe et je suis déterminé à le mener à bien", a ajouté Philippe Varin, avant d'indiquer qu'il avait le soutien de la famille Peugeot.
Objectif : endiguer ses pertes. PSA Peugeot Citroën prévoit de supprimer 8.000 emplois supplémentaires sur ses sites français et de fermer en 2014 son usine d'assemblage d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pour endiguer ses pertes sur fond de dégradation du marché européen. (Lire : "Aulnay fermé en 2014, 8.000 emplois supprimés en France").
Montebourg juge insuffisantes les "justifications" avancées par PSA. Invité de France 2, Arnaud Montebourg, qui a qualifié ce plan de "tremblement de terre pour l'économie française", a également déclaré qu'il réunirait bientôt les syndicats du groupe pour examiner avec eux "toutes les alternatives possibles". (Voir son interview : Montebourg appelle PSA à son "devoir" envers la "nation France"). "Le gouvernement veut la vérité", a-t-il dit. "Pourquoi y a-t-il eu quatre milliard (d'euros) d'aides il y a quelques années sous forme de prêts, plus les bonus malus, les crédits impôt-recherche, le chômage partiel, la prime à la casse, la baisse de la taxe professionnelle ? Comment a-t-on pu en arriver là ?"
Symbole des difficultés de l'industrie française, choc pour l'opinion, cette annonce jeudi des suppressions d'emplois est le premier grand test social pour l'exécutif socialiste, qui a fait du redressement productif une priorité. Le président François Hollande a fait part de son "extrême préoccupation" tandis que des réactions de colère accueillaient la nouvelle de la restructuration du groupe automobile. (Voir : le coup de massue chez PSA)
De vives réactions chez les syndicats et les politiques ont fusé. La CGT a dénoncé une "injustice", l'UMP a réclamé des mesures pour la compétitivité des entreprises, le Parti communiste une loi contre les licenciements abusifs, et les Verts ont déploré l'inertie de l'Etat depuis des années.








