Carrefour, numéro deux mondial de la distribution, pourrait annoncer dès mercredi prochain la suppression de plus de 500 postes dans ses sièges en France. C'est ce jour-là, à 17h30, que doit avoir lieu, selon les syndicats, une réunion des élus des comités d'entreprise, peu avant un comité de groupe extraordinaire dont l'ordre du jour porte sur "la situation et les perspectives économiques et sociales pour Carrefour en France concernant les sièges". Les syndicats sont sans illusion sur ce rendez-vous : "On sait ce qu'il y a derrière", reconnaissait vendredi Bruno Moutry, délégué CFDT du groupe. Selon lui, le nouveau PDG du groupe, Georges Plassat, "ne s'en est d'ailleurs pas caché. Il fera lui-même une annonce le 30 août au matin". Ce jour-là, Carrefour doit annoncer ses résultats semestriels.
Aux yeux des syndicats, une telle mesure n'est "pas vraiment une grosse surprise". Le 18 juin, devant l'assemblée des actionnaires, Georges Plassat avait déjà indiqué que le groupe de distribution devait réduire ses frais généraux beaucoup trop importants et les coûts liés aux structures centrales et au marketing, au bénéfice des magasins. Les syndicats avancent même des chiffres : "Nous avons la certitude qu'il y aura entre 600 et 1000 suppressions de postes sur un total de près de 7000 postes-siège, soit plus de 10% des effectifs-siège", indique ainsi Bruno Moutry, en évoquant des "sources internes au plus haut niveau".
Des choix difficiles pour Carrefour
Mais si les suppressions de postes étaient attendues, les syndicats ne cachent pas leurs craintes sur les modalités prévues. "Nous avons la garantie que cela se fera à partir d'un plan de départs volontaires. Mais il est évident pour nous, que s'il n'y a pas suffisamment de gens qui acceptent de partir, on ira vers un plan social", s'inquiète Bruno Moutry. Et ce ne serait là, croit savoir Le Figaro, que la première étape d'une réduction d'effectifs prévue en plusieurs temps pour ne pas déstabiliser la relance de l'activité, alors que Carrefour a vu sa rentabilité chuter en 2011.
Mercredi sera donc une journée cruciale : Georges Plassat, qui a pris les rênes de Carrefour en mai, devrait détailler son plan de redressement, à la veille de la présentation des résultats semestriels du groupe. Il s'est donné trois ans pour redresser Carrefour en endiguant la baisse de sa part de marché en France - 43% de ses ventes - en réduisant sa dette et en faisant face aux difficultés économiques de l'Italie et l'Espagne qui assurent un peu moins de 20% du chiffre d'affaires du groupe.
Le géant de la distribution pourrait avoir besoin de lever jusqu'à trois milliards d'euros pour financer le redressement de ses hypermarchés européens mais les conditions financières et économiques augurent de choix difficiles pour son nouveau PDG. Après s'être retiré de la Grèce en juin, Carrefour pourrait quitter des pays non stratégiques comme la Turquie, l'Indonésie ou la Pologne pour libérer de la trésorerie.









