© DRL'étude du cabinet Coe-Rexecode sur le temps de travail en France et en Europe n'est pas la première du genre. Elle n'est pas non plus la première à situer les Français plutôt dans la tranche basse en matière d'heures de travail effectuées. Mais cette fois, la France se trouve carrément reléguée dans les profondeurs d'un classement dominé par la Roumanie, décrétée pays où l'on travaille le plus. Et elle se double d'un commentaire à portée presque ouvertement politique qui a vivement fait réagir, ce jeudi, Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande. Car elle vise directement, quoique sans le nommer, un thème dont la droite a déjà fait son cheval de bataille : les 35 heures.
Sommet social : le président invoque la crise pour convaincre
Nicolas Sarkozy réunit en ce moment à l'Elysée les partenaires sociaux. Objectif : les rallier notamment à un train de mesures susceptibles d'enrayer la montée du chômage.
Publié le 18/01/2012
Un "sommet sur la crise" après la chute du triple A
Nicolas Sarkozy convie les partenaires sociaux mercredi à l'Elysée pour trouver un terrain d'entente sur des remèdes d'urgence à la crise. Des mesures susceptibles de doper la compétitivité mais décriées par les syndicats - comme la TVA sociale - devraient être abordées.
Publié le 17/01/2012
Polémique Accoyer : l'échange en vidéo entre Sarkozy et Aubry
Nicolas Sarkozy a pris ses distances jeudi avec Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée, en répondant à Martine Aubry qui lui demandait de "remonter le niveau de débat" dans la campagne présidentielle. Bernard Accoyer a provoqué un tollé à gauche en déclarant que les conséquences économiques et sociales d'un rendez-vous "raté" en 2012 seraient comparables "à celles provoquées par une guerre".
Publié le 12/01/2012
Pour résumer, le cabinet d'étude, citant des chiffres inédits de l'institut européen de la statistique Eurostat, montre que les salariés français travaillent moins que leurs homologues européens. Ils ont travaillé 1679 heures en moyenne en 2010, soit 224 heures de moins que les Allemands, 177 heures de moins que les Britanniques et 134 heures de moins que les Italiens. Ce chiffre est le plus bas de l'Union européenne, avec la Finlande. Et c'est en France, que cette durée a le plus diminué depuis 1999 : 270 heures en moins. En revanche, la durée effective annuelle de travail des non salariés et des salariés à temps partiel en France se situe dans la moyenne haute en Europe (respectivement 2453 et 978 heures).
Un institut "notoirement patronal"
Au-delà de ces chiffres, Coe-Rexecode estime que la stratégie française de baisse de la durée du travail a échoué et préconise de libérer la durée du travail par des accords d'entreprises, ce qui "conduirait à une augmentation du taux d'emploi et du pouvoir d'achat en France". De quoi faire grincer des dents à gauche, d'autant plus que cette étude a été publiée quelques jours avant le sommet social du 18 janvier... au cours duquel doit être discutée la possibilité de conclure des accords "compétitivité-emploi", permettant précisément d'ajuster la durée du travail et le montant des salaires dans les entreprises selon la conjoncture.
Réagissant ce jeudi, au lendemain de la publication, Pierre Moscovici s'est dit "extrêmement surpris" par cette étude menée par un institut "notoirement patronal", et avec une "méthodologie très spéciale". Selon le directeur de campagne de François Hollande, qui fut aussi, en son temps, ministre des Affaires européennes, les chiffres cités sont "rigoureusement inverses à ce que tous les instituts ont donné jusqu'à présent, y compris les instituts publics, Eurostat, Insee..." Il a ainsi évoqué le fait que l'étude "ne parle pas du travail à temps partiel où la durée du travail en Allemagne est beaucoup plus faible qu'en France". Avant de conclure : "Je ne suis pas sûr qu'on prenne en compte une donnée objective : le chômage a cru beaucoup plus dans notre pays depuis dix ans qu'en Allemagne". Et le député du Doubs de mettre en garde contre la tentation de "s'inspirer d'une telle étude pour revenir sur l'éternel débat des 35 heures".
Pour lui, le problème essentiel en France n'est pas le temps ou le coût du travail mais c'est "la qualité de l'appareil industriel et productif". Le débat sur compétitivité et temps de travail "mérite d'être mené mais sur des bases plus objectives, plus éclectiques", a fait valoir le responsable socialiste.
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