Une HLM de Paris © Tf153.000 ménages aisés hébergés dans des HLM en France... La polémique lancée lundi dans le quotidien La Tribune, sur la foi d'un rapport de l'Onpes (Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale) suscite des réactions pour le moins agacées.
Les aides au logement pas assez efficaces, dénonce un rapport
Un rapport du Centre d'analyse stratégique indique que les ménages les plus modestes doivent faire un plus grand effort pour se loger qu'il y a 20 ans.
Publié le 15/02/2012
Plus de 50.000 foyers aisés installés dans des HLM ?
53.000 ménages parmi les plus riches de l'Hexagone étaient logés en HLM fin 2007, selon une étude statistique de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes) dévoilée par La Tribune.
Publié le 29/11/2010
A commencer par Thierry Repentin, président de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui se déclare "scandalisé" par les chiffres publiés. Dans le détail, le rapport stipulerait, selon La Tribune, que "53.000 ménages parmi les 10% les plus riches de France" (avec un revenu d'au moins 11.200 euros par mois avec un seul enfant et de 13.500 euros pour une famille avec deux enfants) seraient logés dans un des quelque 4 millions de HLM de l'Hexagone. "Je conteste totalement ces chiffres", assure Thierry Repentin, qui dénonce une "campagne qui sort au moment où est examiné le projet de budget 2011, dans lequel est prévue une ponction par l'Etat de 340 millions d'euros sur les HLM, pour nous discréditer".
Seulement 4000 foyers aisés en HLM
Selon l'USH, le chiffre de 53.000 n'est en fait qu'un amalgame. Il ne correspondrait pas aux ménages "riches" occupant des HLM, mais à ceux logés sur tout le parc géré par les bailleurs sociaux ou par des sociétés d'économie mixte, qui comprend des ILN (immeubles à loyers normaux) dont l'occupation n'est pas soumise à plafond de ressources. In fine, l'USH estime à environ 4000 le nombre réel de ménages à revenus très élevés (supérieurs à 11.000 euros) effectivement encore logés en HLM.
Au-delà, dans le rapport publié, l'accent est mis sur le cas parisien. En effet, seules la capitale et l'Ile-de-France bénéficient de statistiques détaillées. On apprend ainsi que 37.000 de ces foyers aisés sont supposés vivre dans le parc de logements sociaux de la région. Et à Paris, on dénombrerait précisément 18.000 de ces foyers. Pire, si l'on élargit la fourchette aux 30% des foyers les plus aisés, ils représenteraient près du tiers (31,4%) des locataires du parc social dans Paris intra-muros, soit 61.000 ménages.
A Paris, 200 cas recensés
Là encore, les réactions sont plutôt virulentes. Dans l'entourage de Jean-Yves Mano, adjoint au logement à la ville de Paris, on n'hésite pas à évoquer auprès de TF1 News des chiffres "complètement irréalistes". "On dénombre dans Paris seulement 200 foyers, sur un parc de 182.955 logements, qui disposent d'un revenu d'au moins 11.200 euros avec un enfant et de 13.500 avec deux enfants ", assure-t-on. Des chiffres largement en deçà des 18.000 annoncés et qui se "basent sur une enquête sur revenus, réalisée chaque année" par les services de la ville de Paris, précise un collaborateur de l'adjoint au logement. "Certes, ce sont des situations anormales. Mais en proportion, elles demeurent assez rares", explique-t-il.
De son côté, Christian Nicol, directeur du logement à la ville de Paris, indique en outre que dans la capitale, où sont concentrées nombre de familles aisées, la RIVP (Régie Immobilière de Paris) et Paris Habitat (ex-OPAC) gèrent respectivement 23.000 et 17.000 logements ILN, souvent considérés à tort comme des HLM. Encore une fois, c'est l'hypothèse d'un amalgame entre deux types distincts de logements qui explique une telle différence entre les chiffres annoncés par le rapport de l'Onpes et ceux avancés par l'USH et la ville de Paris.
A l'encontre de la tendance actuelle
Pour la mairie de Paris, cette différence s'explique peut-être par la volonté de "certains" de se "détourner du vrai problème du déficit de logements sociaux en France" (1,2 millions de ménages pauvres ou modestes en attente, ndlr). En clair,"plutôt que construire des logements neufs, on veut régler ce problème en faisant partir ceux qui soi-disant occupent une HLM au détriment de ceux qui en ont le plus besoin", assure-t-on.
L'étude de l'Onpes, citée comme source, est-elle alors sujette à caution ? L'observatoire dément formellement avoir fourni de telles données. Des données qui vont en tout cas, à l'encontre de la tendance actuelle, assure encore Thierry Repentin de l'USH : "44% du quart le plus pauvre de la population se trouvait dans le parc HLM en 2008, contre 13% en 1973, alors que pour le quart des ménages les plus aisés le pourcentage est tombé dans le même temps de 40% à 12%", déclare-t-il. "De plus, la dernière période a accentué ce phénomène avec 70% des nouveaux entrants appartenant à ce quart de la population la plus pauvre alors que près des deux tiers des Français y auraient droit", souligne-t-il.
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