Trop de "riches" dans les HLM ? Les partenaires sociaux réfutent

Par , le 01 décembre 2010 à 16h13 , mis à jour le 02 décembre 2010 à 14h20

La polémique lancée lundi, sur la foi d'un rapport de l'Onpes (Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale) suscite des réactions pour le moins agacées. Notamment à la mairie de Paris.

HLM logement ParisUne HLM de Paris © Tf1

53.000 ménages aisés hébergés dans des HLM en France... La polémique lancée lundi dans le quotidien La Tribune, sur la foi d'un rapport de l'Onpes (Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale) suscite des réactions pour le moins agacées.

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A commencer par Thierry Repentin, président de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui se déclare "scandalisé" par les chiffres publiés. Dans le détail, le rapport stipulerait, selon La Tribune, que "53.000 ménages parmi les 10% les plus riches de France" (avec un revenu d'au moins 11.200 euros par mois  avec un seul enfant et de 13.500 euros pour une famille avec deux enfants) seraient logés dans un des quelque 4 millions de HLM de l'Hexagone.  "Je conteste totalement ces chiffres", assure Thierry Repentin, qui dénonce une "campagne qui sort au moment où est examiné le projet de budget 2011, dans lequel est prévue une ponction par l'Etat de 340 millions d'euros sur les HLM, pour nous discréditer".

Seulement 4000 foyers aisés en HLM 

Selon l'USH, le chiffre de 53.000 n'est en fait qu'un amalgame. Il ne correspondrait pas aux ménages "riches" occupant des HLM, mais à ceux logés sur tout le parc géré par les bailleurs sociaux ou par des sociétés d'économie mixte, qui comprend des ILN (immeubles à loyers normaux) dont l'occupation n'est pas soumise à plafond de ressources. In fine, l'USH estime à environ 4000 le nombre réel de ménages à revenus très élevés (supérieurs à 11.000 euros) effectivement encore logés en HLM.
 
Au-delà, dans le rapport publié, l'accent est mis sur le cas parisien. En effet, seules la capitale et l'Ile-de-France bénéficient de statistiques détaillées. On apprend ainsi que 37.000 de ces foyers aisés sont supposés vivre dans le parc de logements sociaux de la région. Et à Paris, on dénombrerait précisément 18.000 de ces foyers. Pire, si l'on élargit la fourchette aux 30% des foyers les plus aisés, ils représenteraient près du tiers (31,4%) des locataires du parc social dans Paris intra-muros, soit 61.000 ménages.

A Paris, 200 cas recensés 

Là encore, les réactions sont plutôt virulentes. Dans l'entourage de Jean-Yves Mano, adjoint au logement à la ville de Paris, on n'hésite pas à évoquer auprès de TF1 News des chiffres "complètement irréalistes". "On dénombre dans Paris seulement 200 foyers, sur un parc de 182.955 logements, qui disposent d'un revenu d'au moins 11.200 euros avec un enfant et de 13.500 avec deux enfants ", assure-t-on. Des chiffres largement en deçà des 18.000 annoncés et qui se "basent sur une enquête sur revenus, réalisée chaque année" par les services de la ville de Paris, précise un collaborateur de l'adjoint au logement. "Certes, ce sont des situations anormales. Mais en proportion, elles demeurent assez rares", explique-t-il.
 
De son côté, Christian Nicol, directeur du logement à la ville de Paris, indique en outre que dans la capitale, où sont concentrées nombre de familles aisées, la RIVP (Régie Immobilière de Paris) et Paris Habitat (ex-OPAC) gèrent respectivement 23.000 et 17.000 logements ILN, souvent considérés à tort comme des HLM. Encore une fois, c'est l'hypothèse d'un amalgame entre deux types distincts de logements qui explique une telle différence entre les chiffres annoncés par le rapport de l'Onpes et ceux avancés par l'USH et la ville de Paris.

A l'encontre de la tendance actuelle 

Pour la mairie de Paris, cette différence s'explique peut-être par la volonté de "certains" de se "détourner du vrai problème du déficit de logements sociaux en France" (1,2 millions de ménages pauvres ou modestes en attente, ndlr). En clair,"plutôt que construire des logements neufs, on veut régler ce problème en faisant partir ceux qui soi-disant occupent une HLM au détriment de ceux qui en ont le plus besoin", assure-t-on.
 
L'étude de l'Onpes, citée comme source, est-elle alors sujette à caution ? L'observatoire dément formellement avoir fourni de telles données. Des données qui vont en tout cas, à l'encontre de la tendance actuelle, assure encore Thierry Repentin de l'USH : "44% du quart le plus pauvre de la population se trouvait dans le parc HLM en 2008, contre 13% en 1973, alors que pour le quart des ménages les plus aisés le pourcentage est tombé dans le même temps de 40% à 12%", déclare-t-il. "De plus, la dernière période a accentué ce phénomène avec 70% des nouveaux entrants appartenant à ce quart de la population la plus pauvre alors que près des deux tiers des Français y auraient droit", souligne-t-il.

Par Laurent Deschamps le 01 décembre 2010 à 16:13
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58 Commentaires

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  • zen1491, le 07/12/2010 à 10h12

    Tout simplement parce que cela leur permet d'avoir une maison de week-end à la campagne où ils vont ''décompresser'', j'en ai connu !

  • loucky68, le 02/12/2010 à 19h02

    Priorité au couple ou au femme avec enfant..un celibataire est presque toujours repoussé sous le tas..

  • sk8ergiirl, le 02/12/2010 à 17h43

    Quel intérêt auraient ces "riches" à grapiller 200euros de loyer ? Oui, parce que c'est la différence, quand on est locataire en HLM ou dans le "privé". Pour les riches, 200euros, ce n'est pas grand chose. et en HLM ils n'ont pas la possibilité d'installer de balançoire dans le jardin pour les enfants ni de faire construire une piscine ou un barbecue. A quoi bon être riche si c'est pour vivre comme un pauvre ?

  • sk8ergiirl, le 02/12/2010 à 15h15

    C'est parce que le dossier était pas bien monté, parce qu'il y a des places libres dans les HLM. Moi à 400euros j'ai un 42m2 et c'est pas un HLM mais un 1,5pièces. Mais s'ils sont riches, bah ils achèteraient une maison pour eux et des apparts à louer. Aucun intérêt à vivre en HLM, en plus si t'as une bonne situation, ça le fait pas comme adresse (bah oui, HLM c'est dit dans les adresses !)

  • inspatatrac, le 02/12/2010 à 14h43

    @sk8ergiirl. Enfin quelqu un qui a la tete sur les epaules...les riches (les VRAIS riches) ne vont pas aller s'enterrer dans un HLM...mais bon ca donne du grain a moudre a la population francaise et a sa haine viscerale du "riche". Si le francais etait un peu plus perspicace il se rendrait compte que dans l ecrasante majorite des cas, les gens qu ils denomment riches, ne sont en fait que des restes de la classe moyenne qui existait il y a 30 ans et qui a maintenant pratiquement disparu....

  • angie1804, le 02/12/2010 à 14h02

    Ah oui!! j'aimerai bien en savoir plus car je vais rentrer dans ma 7èm année de demande de logement et après multiples RDV difficiles à obtenir j'entends toujours le même discours "on a rien pour vous" alors que d'autres obtiennent en un temps record de.......3 mois voir moins

  • kennyline14, le 02/12/2010 à 12h06

    Oui à la base les HLM c'est fait pour ça: réussir à mettre de l'argent de côté car on ne met pas toute sa paie dans le loyer, et laisser ensuite la place à d'autres! J'ai un copain, ça fait 10 ans qu'il est dans son HLM, en même temps je ne vais pas le blâmer, tant que personne ne lui dit rien il profite... Mais pendant ce temps, d'autres en auraient plus besoin et sont à la rue... C'est peut-être exagéré mais ça reflète quand même une bonne part de vérité!

  • kennyline14, le 02/12/2010 à 12h02

    Et ils dorment bien ces riches qui volent le logement de quelqu'un de plus pauvre? J'ai fais une demande hlm, dans la région Nantaise, pendant 4 ans lorsque j'étais en apprentissage et que je gagnais 600? par mois, je n'y ai jamais eu droit, ou du moins ils se pressaient pas pour me trouver un logement. Et je relançais tous les mois, mais je me faisais envoyer balader, pour rester polie. Je me suis ruinée dans un petit appartement "privé", 28m² = 400? (Heureusement que j'avais droit à la CAF!), parce qu'il faut bien se loger pardi! Et eux pendant ce temps-là...

  • sk8ergiirl, le 02/12/2010 à 10h17

    A mon avis, leurs revenus réels, après paiement de ce qu'il y a à payer étaient bien faibles, mais assez pour vivre quand-même. Quant aux HML, ce sont souvent des petits appartements ou des petites maisons, si ces familles étaient riches, elles auraient leur propre maison avec jardin, piscine et balançoire pour les enfants, c'est beaucoup plus agréable, quand on a les moyens, on peut dépenser plus pour son confort, je ne vois pas pourquoi quelqu'un vivrait comme un pauvre par choix.

  • cars38, le 02/12/2010 à 09h39

    Les lois sont ainsi faites , et ces gens sont dans la légalité .Faudrait s'interroger sur la légitimité de nos élus et sur leur compétence ... a force de voter toujours pour les memes , et bien voila ce qui arrive ...faut pas s'en plaindre

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