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TRW, première victime collatérale de la crise de PSA ?


le 24 juillet 2012 à 09h17 , mis à jour le 24 juillet 2012 à 09h19.
Temps de lecture
3min
La production automobile française est-elle en danger ?

Le secteur de l'automobile emploie 10% de la population active en France. Mais d'année en année la production et les effectifs ont diminué sur le territoire français. Dans une économie mondialisée, les délocalisations se font plus nombreuses et l'avenir de la production automobile française pourrait être menacée. / Crédits : TF1/LCI

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SocialL'usine de sous-traitance automobile TRW, qui emploie 313 salariés dans les Vosges et dont le principal client est PSA, a été placée lundi en redressement judiciaire.

La décision est tombée lundi : l'usine TRW de Ramonchamp, dans les Vosges, qui emploie 313 personnes, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Epinal. L'équipementier automobile bénéficie d'une période d'observation de six mois. L'usine TRW fabrique des composants de train et suspensions pour automobiles, principalement pour Peugeot et Citroën : le groupe PSA représenterait à lui seul environ 60% de ses commandes. De là à voir une relation directe entre la crise de PSA et les déboires de TRW, il n'y a qu'un pas... mais aux yeux des salariés, s'il y a eu un "effet PSA", c'est plutôt un effet masquant. Car les vrais problèmes sont ailleurs.

"On ne peut pas vraiment lier la situation aux annonces de Peugeot, c'est un mouvement de fond, un marché qui va mal : PSA ne vient que prouver cela", estimait déjà la semaine dernière un porte-parole de l'entreprise. Et pour l'avocat du comité d'entreprise, Me Florent Kahn, "la maison mère, qui fait des bénéfices, a simplement décidé de couper le robinet". Et l'avocat de fustiger : "La situation est la même depuis des années. Le procédé qui consiste à déposer le bilan pendant les vacances, alors qu'il n'y a pas de situation d'urgence, est inqualifiable".

"Tous les gros marchés sont attribuée à la Tchéquie"

Les syndicats, très pessimistes quant à l'issue de la procédure, accusent leur maison mère, le groupe américain TRW, d'avoir programmé la fermeture de sa filiale vosgienne en la privant de plusieurs gros contrats au bénéfice d'autres sites en Europe de l'Est. "Tous les gros marchés sont attribuée à la Tchéquie alors qu'on n'a aucune autonomie, pas de recherche-développement, pas de service commercial, pas de service achats", dénonce Lionel Pavot, délégué CGT et secrétaire du comité d'entreprise. Le chiffre d'affaires de cette usine est tombé de 107 millions d'euros en 2005, quand elle employait plus de 700 personnes, à 37 millions d'euros l'an dernier. Le déficit cumulé depuis avril 2009, date de la filialisation du site, s'élève à 27,6 millions d'euros. L'entreprise perd 600.000 euros chaque mois.

"D'un côté, on nous dit qu'il y a un sureffectif de 130 personnes, de l'autre qu'en dessous de 225 personnes, le site n'est plus viable. J'en conclus qu'on veut fermer", estime Lionel Pavot. Lundi à sa sortie du tribunal, le secrétaire du CE s'est dit "écoeuré". "On va faire du bruit, on va se faire entendre, on va voit tout ce qu'on peut faire".

Pour sa part, Me Florent Kahn espère un appel du parquet et s'efforcera, à défaut, d'impliquer TRW, un groupe qui réalisait un chiffre d'affaires de 16,2 milliards de dollars l'an dernier, dans la procédure de redressement judiciaire : "Pour moi, TRW est clairement coemployeur".

Commenter cet article

  • optimiste31 : Si l'on trouve que la main d'oeuvre est trop chère que l'on baisse le coût de la vie.

    Le 24/07/2012 à 14h35
  • majeanou : TRW est fautif, ils ont distribué des grosses primes plus de 50 000 e a des employés pour partir en pré retraire ils y a 2 ans... alors que tout cet argent aurait pu aider ! quelle honte !

    Le 24/07/2012 à 13h14
  • lassaty : Malheureusement ce sera le début d'une longue liste. La main d'oeuvre est moins chère ailleurs alors pourquoi produire en France? Les entreprises ne sont pas des associations à but non lucratif ni des oeuvres de charité, elles sont là pour faire des profits. Pas assez de profits? Elles vont voir ailleurs. Quand les français auront compris ça, peut-être qu'on pourra avancer.

    Le 24/07/2012 à 13h05
  • vingas : SOS Montebourg ...

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