© INTERNEPourquoi les pilotes du Concorde ont-ils décidé de couper le moteur Numéro 2 du supersonique alors qu’il était à une trop basse altitude ? A cette question, Maîtres Ney et Samet, avocats des familles des victimes allemandes, veulent une réponse d’Air France. Selon eux, l’équipage " semble avoir eu un mauvais réflexe", cette manoeuvre constituant une violation des normes aéronautiques en vigueur.
![]() Reconstitution du puzzle - |
"Le mauvais réflexe" qui tue
Pour l'avocat strasbourgeois, spécialiste de dossiers de catastrophes aériennes, le Concorde est "plus comparable à un avion militaire qu'à un avion de ligne". "Or, les pilotes militaires sont formés pour "réagir par réflexe. Lors de l'accident, les pilotes ont justement eu le mauvais réflexe. On peut donc s'interroger sur la qualité de leur formation", a-t-il fait valoir. Maîtres Ney et Slamet citent, dans leur courrier au directeur du BEA, un document de référence en matière de pilotage qui prévoit qu'on ne puisse pas couper un moteur avant d'avoir atteint une altitude de 400 pieds (122 mètres), en cas d'alerte au feu au moment du décollage.
Le directeur du BEA a, pour sa part, souligné qu'il ne souhaitait par entrer dans un débat judiciaire. Il a simplement rappelé que "l'interprétation de la coupure du moteur n'était pas encore faite". Dans son rapport préliminaire le BEA a plutôt insisté sur la réaction en chaîne à partir de la destruction d'un pneu, qui a conduit à l'écrasement du supersonique. On y lit notamment que l'officier mécanicien navigant a annoncé une panne du moteur 2, puis a signalé après le retentissement de l'alarme à feu qu'il coupait le moteur 2.
Le SNPL indigné
Le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d'Air France a jugé lundi "sans fondement au plan technique, et ignoble au plan moral", la position des deux avocats. "Selon deux avocats, +l'équipage du Concorde a commis une erreur qui a eu des conséquences dramatiques+, ce qui revient à dire qu'ils lui imputent la responsabilité des 113 victimes", s'indigne le SNPL. "Au plan technique, cette affirmation absurde n'a aucun fondement. Au plan moral, elle est tout simplement ignoble", affirme le syndicat, selon lequel "la recherche de publicité personnelle et l'obsession du gain leur ont fait franchir la limite ultime fixée par la morale, l'éthique, et finalement la dignité". "Personne, pilote ou non, ne peut soutenir une telle attitude", conclut le SNPL, qui dit avoir "saisi ses avocats".
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