L’Europarlement dit "non" aux farines

Par , le 16 novembre 2000 à 00h00

"VACHE FOLLE" : Pour la seconde fois, les députés ont adopté à la majorité une résolution interdisant les farines animales mais, comme en 1996, la Commission semble ne pas devoir les entendre.

L'Europarlement dit "non" aux farines © INTERNE


Le Parlement européen
de Strasbourg. -
Le parlement européen a réclamé aujourd’hui l’interdiction de l’utilisation des farines animales sur l’ensemble du territoire de l’Union aussi longtemps que les Etats membres ne pourront pas garantir qu’elles sont produites dans les conditions prescrites par la Commission, à savoir la sélection de certains tissus et la cuisson des farines à 133°C.

Dans une résolution adoptée à la majorité, les députés ont demandé " une interdiction de la production d’aliments pour animaux ainsi que des pratiques alimentaires faisant intervenir le recyclage de restes animaux, pour le bétail, les ovins, les caprins ainsi que toute sorte d’animaux, y compris la volaille et les poissons ". Les parlementaires avaient déjà fait cette demande en 1996 mais n’avaient pas été écoutés.

La Commission n'est pas du même avis

Hier, le commissaire européen à l’Agriculture, David Byrne s’est à nouveau opposé à la résolution du Parlement. A son avis, l’interdiction totale des farines animales n’est ni nécessaire ni souhaitable d’un point de vue économique. La Commission exclu également le développement de la production d’oléagineux, une mesure pourtant rendue nécessaire en France pour remplacer les farines animales. Elle a rappelé que la production européenne était plafonnée à 4,9 millions d’hectares aux termes de l’accord de Blair House conclu en 1992 avec les Etats-Unis.


David Byrne. - AFP
Cette requête est pourtant l’une des principales mesures proposées par la France devant le parlement européen afin d’enrayer les effets de la crise sur le marché de la viande bovine. Le ministre français du Commerce et de l’Artisanat a en effet demandé l’inscription de cette question à l’ordre du jour du Conseil "Agriculture" des 20 et 21 novembre prochain. En revanche, David Byrne s’est inquiété de la faiblesse des contrôles effectués sur la fabrication des farines animales dans certains Etats membres. Il a annoncé une inspection à grande échelle dans toute l’Union par ses services vétérinaires.

Les experts vétérinaires assez timorés

De leur côté, les experts vétérinaires de l'Union européenne se sont prononcés hier soir à Bruxelles pour une extension du dépistage de la maladie de la vache folle, ce qui ferait plus que doubler le nombre de tests prévus à partir de janvier 2001. En tout, 400 000 animaux seraient testés.

Sans prendre de décision finale, le Comité vétérinaire permanent s'est déclaré favorable à ce que tous les animaux appartenant à un groupe dit "à risque" (bêtes abattues d'urgence, présentant des symptômes neurologiques ou ayant eu par le passé des maladies) soient systématiquement dépistés.

��
Par David Straus le 16 novembre 2000 à 00:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience