© INTERNESuivez en direct dès 12h30 la conférence de presse du Premier ministre sur LCI
Lionel Jospin ne voulait pas prendre de décision à la va-vite, il a finalement attendu une semaine pour se prononcer. il devrait annoncer ce midi un moratoire sur l'utilisation des farines animales pour tout type d'élevage. Il devrait également présenter une série de mesures relatives à la sécurité alimentaire, à la filière bovine et annoncer un dispositif concernant les tests et l'abattage du bétail. Depuis ce matin, le Premier ministre tient réunion avec les trois ministres concernés par la crise actuelle, les ministres de l'Agriculture, de la Santé et de la Consommation.
L'Europe s'en mêle
Une semaine après le début de ce que l'on peut appeler une "psychose générale", le gouvernement se décide à annoncer un moratoire sur l'utilisation des farines d'origine animale dans l'alimentation de tous les élevages. Ces farines sont proscrites depuis 10 ans pour les bovins et six ans pour l'ensemble des ruminants (moutons), mais encore utilisées pour les volailles, les porcs et les poissons d'élevage. Le Premier ministre a pris son parti de ne pas attendre l'avis de l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) pour trancher. Le comité de scientifique n'envisageait pas d'apporter une réponse à la dangerosité de ces farines avant 4 mois, consentait à faire un point d'étape d'ici un mois. Trop long selon le gouvernement ainsi que l'avait noté Jean Glavany en fin de semaine.
La crise a toutefois des répercussions qui dépassent largement les frontières du pays : la psychose qui frappe les consommateurs français a aussi ému les instances européennes, qui envisagent de mutliplier les contrôles. La Commission européenne a ainsi l'intention de proposer aux 15 Etats membres de l'Union européenne d'étendre les tests de détection de la maladie de la vache folle à tous les bovins abattus "au dessus d'un certain âge", au lieu de se borner à des tests aléatoires. Cet âge reste encore à déterminer au niveau en particulier du Comité vétérinaire permanent de l'UE, qui rassemble les experts-vétérinaires des Etats membres de l'Union, dont une réunion est prévue mercredi à Bruxelles. Cette proposition sera faite aux ministres européens de l'Agriculture qui doivent se rencontrer le 20 novembre à Bruxelles.
Les "états d'âmes" de Chirac contre le "sens de l'Etat" de Jospin
Commentant l'intervention télévisée du président Jacques Chirac qui demandait mardi dernier une telle interdiction, M. Hollande s'est interrogé : "Est-ce que c'est son rôle de vouloir ajouter de la confusion à l'inquiétude? je ne crois pas. Le Premier ministre, "lui, doit répondre à des inquiétudes en apportant des solutions, pas simplement un état d'âme", a conclu M. Hollande. Interrogé sur le consensus qui semble régner entre MM. Jospin et Chirac lors de la présidence française de l'Union européenne, le chef de file des socialistes a fait valoir que "le Premier ministre n'a jamais voulu en faire un objet de polémique". Selon lui, des différences d'appréciation existent, "mais le Premier ministre a suffisamment le sens de l'Etat pour ne pas le faire apparaître par des petites phrases ni même par des interventions télévisées programmées peu de temps avant un conseil des ministres".
�