Séguin, "candidat du renouveau"

Par Philippe MATHON , le 10 novembre 2000 à 00h00

Le candidat officiel de la droite aux municipales dans la capitale a dévoilé jeudi ses têtes de listes, une équipe renouvelée et rajeunie "décidée à en découdre"; "où est la rupture annoncée", s’interroge Lyne Cohen-Solal, la porte-parole de Bertrand Delanoë.

Séguin, "candidat du renouveau" © INTERNE

Les têtes de liste, arrondissement par arrondissement

"Je me sens déchargé !" Visiblement fatigué, enrhumé, Philippe Séguin a mis un terme au bras de fer entrepris avec les dirigeants de l'UDF et de DL, en présentant jeudi ses têtes de listes pour les municipales de 2001 à Paris. Un mélange de jeunesse et d'expérience, où l'"union a été la plus forte". Résultat, un rééquilibrage sensible : les RPR ne sont plus que 12 (contre 17 en 1995), aux côtés de 4 UDF et 3 DL. Au total, quatorze hommes pour seulement six femmes. "Une déception, concède-t-il, mais c'est au moins autant que la liste socialiste". Séguin-Delanoë, le match ne fait que commencer.

Soucieux de présenter une alternative face aux "conservatismes" des ses adversaires, le candidat de l'opposition a sorti de son chapeau des têtes de listes profondément renouvelées. "Sur les vingt personnalités concernées, treize sont têtes de liste pour la première fois". C'est mieux, dit-il, que le camp socialiste, qui présentera à nouveau "16 de ses 20 têtes de liste" présents en 1995.

Les "quatre mousquetaires"


Philippe Séguin
et ses jeunes "champions" -
Des nouveaux, donc, et jeunes de surcroît. Trente-deux ans de moyenne d'âge pour les "quatre mousquetaires" du séguinisme (Florent Longuépée, Frank Giovannucci, Mario Stasi et Vincent Roger) qui partent à l'assaut du cœur de la capitale, les emblématiques Ier, II, III et IVèmes arrondissements. Envoyés au casse-pipe ? "Bien sûr, ils ne gagneront pas, mais ils feront de leur mieux", glisse une autre tête de liste. Le centre de Paris où la confusion est à son comble. Le secrétaire général de DL Laurent Dominati, en froid avec Philippe Séguin, venant ajouter au trouble en présentant ses propres listes.

Autre illustration de cette volonté de renouvellement politique : la benjamine Roxane Decorte, 29 ans, une militante RPR inconnue. Cet "enfant de Barbès" mènera la danse dans le XVIIIème, où Philippe  Séguin se présente en 4ème place. "J'ai appris la nouvelle il y a un mois. C'était un vendredi 13, un soir de pleine lune, j'ai eu un peu de mal à m'endormir", concède-t-elle.

"Les ennuis commencent"

La société civile fait une entrée remarquée dans l'équipe de Philippe Séguin. René Le Goff, ingénieur et président du Paris-Basket, conduira la liste du Xème arrondissement. "Très impressionné", il se dit convaincu de pouvoir apporter un peu de "fraîcheur" dans les débats. Beaucoup moins surprise, Edwige Antier (VIIIème). Pédiatre et chroniqueuse à Radio France, elle trouve "logique et naturel" que le choix se soit posé sur ses épaules. Enfin, comme prévu, c'est Henri Guaino, l'ancien commissaire au plan, qui affrontera Jean Tiberi dans son fief du Vème arrondissement. "Les ennuis commencent", soupire-t-il, philosophe.

Mais à côté de ces "petits nouveaux", Philippe Séguin n'a pu faire l'économie des "barons" parisiens. Ainsi, l'"expérience", comme il l'appelle, est incarnée par un ancien Premier ministre, Edouard Balladur, cinq ex-ministres, Jacques Toubon, Nicole Catala, Pierre-Christian Taittinger (DL), Françoise de Panafieu, Didier Bariani (UDF). Quatre maires d'arrondissement brigueront leur propre succession : Martine Aurillac, (RPR, VIIème), Jean-François Pernin (UDF, XIIème), Jacques Toubon (RPR, XIIIème), Pierre-Christian Taittinger (DL, XVIème). La socialiste Lyne Cohen-Solal, porte-parole de Bertrand Delanoë, a immédiatement critiqué "la place majeure réservée à de nombreux barons RPR-DL-UDF. Où est la rupture annoncée ?"

Tiberi critique

Jean Tiberi, maire de Paris, a estimé jeudi soir que les têtes de liste dévoilées le même jour par Philippe Séguin pour les municipales de 2001 "ne manifestaient pas une rupture marquée avec le passé". Quant à Henri Guaino, candidat séguiniste dans le Vème, fief de M. Tiberi, il devra, selon le maire, "apprendre l'histoire de l'arrondissement, tout ce qui a été fait. Ca lui prendra du temps". Comme on lui indiquait que M. Guaino, ex-commissaire au plan, avait placé sa candidature "sous le signe de la morale", M. Tiberi a indiqué: "Sur ce plan, je n'ai rien à redouter de qui que ce soit". Le député-maire a redit son regret que M. Séguin ait choisi ce 9 novembre à la mi-journée pour présenter ses listes. "Hier ou demain peut-être, mais à l'heure où nous inaugurions une statue du général de Gaulle..." Il a nié formellement que l'ancien président du RPR n'ait pas été invité à cette inauguration (carton n1006, selon l'entourage du maire). "Il a refusé, je trouve ça mesquin".

(Photos AFP)

��
Par Philippe MATHON le 10 novembre 2000 à 00:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience