Tensions chez Tiberi

Par Philippe MATHON , le 21 novembre 2000 à 00h00

Ses récentes déclarations à l’égard de Jacques Chirac lui font perdre son directeur de cabinet et de deux adjoints, qui ont préféré démissionner ; joint hier soir par le site de TF1, il relativise.

Tensions chez Tiberi © INTERNE

Trois lâchages de plus. Depuis plusieurs mois, le maire de la capitale a dû avaler quelques couleuvres, subissant le départ de plusieurs de ses anciens soutiens (Michel Bulté, Claude-Annick Tissot notamment, tous deux passés dans le camp de Philippe Séguin). Courbant l'échine, il en avait pris son parti. Mais à moins de quatre mois des municipales, les hiérarques de l'Hôtel de ville ne sont plus très nombreux à lui apporter leur soutien. On parle de manière insistante du départ de Bernard Bled, son secrétaire général, vers le groupe Suez-Lyonnaise-des-Eaux. Et voilà que lundi soir, Jean Tiberi a dû faire face à trois démissions d'un coup.

"Misérable'" : c'est peu de dire que le maire n'a pas apprécié le départ de Christian Poncet, son directeur de cabinet, et de ses adjoints, Didier Bertrand et Eric Gross. Un coup rude pour lui, qui a essayé de ne pas perdre la face : "C'est un non-événement, tempère-t-il. Le nouveau directeur sera nommé demain" (NDLR : mardi). Un "non-événement" qui ne le laisse pourtant pas indifférent. En apprenant la nouvelle, Jean Tiberi aurait réagi très vivement, priant les démissionnaires de faire leurs cartons sur-le-champ. "C'est incompréhensible, nous dira-t-il plus tard. C'est un directeur que j'avais choisi. C'est un homme compliqué. Les raisons de sa démission m'échappent. Il dit que j'ai raison dans tout ce que j'ai fait, que j'ai un bon bilan, que j'ai raison d'être à nouveau candidat. Il y en a qui ont du caractère, d'autres moins…"

Une démission pilotée par l'Elysée ?

Alors, fidèle à son habitude, Jean Tiberi manie les lourds sous-entendus. "Il y a quelque chose qu'il faudra un jour examiner de près. Y-a-t-il eu des interventions extérieures ?", lâche-t-il, sans donner plus de précisions. Sa cible ? L'Elysée. Au cours de la réunion traditionnelle du lundi matin, M. Poncet aurait exprimé des réserves sur l'interview du maire de Paris au Figaro-Magazine du 18 novembre, dans laquelle il consommait sa rupture avec Jacques Chirac, affirmant qu'il "n'est plus son ami".

Jean-François Probst, le directeur de la communication de Jean Tiberi, est encore plus direct. Selon lui, aucun doute : des pressions sont venues de l'Elysée pour susciter cette démission collective. Vrais ou faux, ces propos montrent à quel point de non-retour sont parvenus les hommes de l'Hôtel de Ville vis-à-vis de la présidence de la République. Mais persuadés d'avoir l'opinion publique derrière lui, Jean Tiberi tente, tant bien que mal, de poursuivre sa route. Seul au monde ? "Pas du tout ! Le problème, c'est le trop-plein, assure-t-il le plus sérieusement du monde. Le nombre de gens qui veulent être sur mes listes est considérable. Des anciens, des nouveaux, des jeunes, des femmes". Fantômes ?

Par Philippe MATHON le 21 novembre 2000 à 00:00
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