Tiberi-Séguin : des mots et des bas

Par Philippe MATHON , le 13 novembre 2000 à 00h00

L’inauguration, jeudi, de la statue du général de Gaulle à Paris est devenue le théâtre d’une polémique grandissante, les deux candidats à la mairie de Paris se renvoyant toutes sortes de noms d’oiseaux.

Tiberi-Séguin : des mots et des bas © INTERNE

L'histoire pourrait faire sourire si l'on n'était pas à quatre mois d'un scrutin majeur. Or, la polémique qui a vu le jour hier est du plus mauvais effet pour une droite déjà largement divisée dans la capitale.

De quoi s'agit-il ? Jeudi, jour du 30ème anniversaire de la mort du Général de Gaulle, Jacques Chirac inaugure sa statue à Paris. Jean Tiberi et son épouse sont présents. Mais pas Philippe Séguin, qui annonce au même moment ses têtes de liste pour la campagne parisienne. Une absence jugée "choquante" et "mesquine" par le maire : "Quand la politique politicienne, les petits arrangements, et les combinaisons de personnes prennent le pas sur notre histoire, il y a de quoi être inquiet pour l'avenir de notre société", s'emporte-t-il. Son entourage assure alors que Séguin a effectivement été convié, les invitations relevant de l'Elysée.


L'élément apporté vendredi
par Jean Tiberi -
Le démenti du clan Séguin ne se fait pas attendre. Non, il n'a pas été invité, indique-t-on. D'après la présidence de la République, l'Hôtel de Ville est la puissance invitante, comme en attestent les cartons d'invitation à renvoyer à "Monsieur le maire de Paris".

Dans la soirée, invité au sommet franco-allemand de Vittel (Vosges) aux côtés de Jacques Chirac, Philippe Séguin pousse une de ces colères froides dont il est coutumier. "Je me suis beaucoup réjoui d'avoir retrouvé le président de la République. Et j'ai d'autant plus regretté de n'avoir pu l'entendre ce matin à l'occasion de la statue du général de Gaulle", a dit Philippe Séguin. "Mais je n'avais malheureusement pas été invité. Je crois qu'on a dû, dans certaines officines de l'Hôtel de Ville, rayer mon nom. Je le déplore parce que je crois que lorsqu'on en arrive à ce niveau d'inélégance et de sectarisme, c'est assez consternant", a-t-il accusé, d'un ton un peu las.

"Mensonge absolu"

Et le ping-pong verbal continue : "C'est un mensonge absolu. Il a été bien entendu invité et il n'est pas venu", a assuré le maire de Paris vendredi matin. "J'ai là la preuve que non seulement il a été invité mais qu'il a répondu qu'il ne viendrait pas", a-t-il affirmé en brandissant la photocopie d'un carton d'invitation.

Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : l'un des deux dit faux. Pourquoi ? Depuis plusieurs semaines, la chasse à "l'investiture présidentielle" est lancée. Le but : recevoir le soutien officiel du président de la République et apparaître le plus possible à ses côtés. Mais, flairant les coups fourrés, l'Elysée a opportunément envoyé un communiqué le 7 novembre, indiquant que "le président de la République ne recevra aucun candidat aux municipales". Un rude coup pour Jean Tiberi, l'exclu du RPR, qui a annoncé à plusieurs reprises qu'il allait demander à rencontrer le chef de l'Etat. Le maire de Paris s'est dit "profondément blessé" par l'attitude de Jacques Chirac, accusant une nouvelle fois Philippe Séguin : "Il a exigé mon exclusion et je pense que c'est lui aussi qui a exigé du président de la République qu'il ne me reçoive pas".

Faute d'avoir publiquement affirmé sa préférence politique dans la course à la mairie de Paris, voilà le président de la République pris dans un sandwich au goût nauséabond.

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Par Philippe MATHON le 13 novembre 2000 à 00:00
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