Trop de singes magots en France

Par , le 11 novembre 2000 à 00h00

Non, il ne s’agit pas de cagnotte fiscale mais d’un singe originaire d’Afrique du Nord dont les centres d’accueil pour animaux sauvages ne savent plus que faire tant ils sont devenus nombreux sur le territoire français.

Trop de singes magots en France © INTERNE

"Les Magots ? Cette fois, nous ne pouvons plus les accueillir", s’exclame, mi-dépitée, mi excédée, Danielle Huchedé, la responsable du refuge de l’Arche. Depuis septembre, ce centre d'accueil pour animaux sauvages de Mayenne est à nouveau sollicité de toutes parts pour prendre en charge des magots, ces petits singes originaires d’Afrique du Nord réputés pour leur agressivité.


Bébé, le magot est
affectueux... - AFP
"Le début de l’hiver correspond au moment où les propriétaires se rendent compte que le mignon petit singe qu’on leur a vendu pendant l‘été est en fait un animal sauvage", explique à TF1.fr Danielle Huchedé, avant de poursuivre : "Un magot vaut environ cinq mille francs mais certains acheteurs ont payé jusqu’à trois fois plus : une façon pour le vendeur de se payer des vacances". Aujourd’hui les centres d’accueil français ne peuvent plus faire face et les animaux sont envoyés à l’étranger, en Hollande notamment.

Petit singe deviendra grand... et méchant

Les douanes, elles, crient au battage médiatique. L’année dernière, elles n’auraient saisi que dix huit singes, dont "une très faible minorité de magots". Mais la saisie aux frontières n’est pas nécessairement révélatrice de la situation sur le territoire. Lors d’un contrôle routier mardi dans le nord-est de Paris, les policiers ont confisqué une femelle magot détenue illégalement par un jeune d’une vingtaine d’années. Ces dernières semaines, plusieurs affaires impliquant ce singe ont également concerné des quartiers réputés sensibles, notamment les Courtillières à Pantin ou la cité des Fleurs à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis.

Sans doute l’hypothèse présentant le magot comme le remplaçant du pitbull est-elle largement exagérée. S’il est vrai que l’animal devient agressif à la puberté et attaque tout qui paraît menacer son maître (voire le maître lui-même), la plupart des propriétaires ont craqué pour des bébés singes encore attachants, des jouets vivants en somme. Quoiqu’il en soit, le résultat est là : il y a en ce moment en France de plus en plus de magots.

Les pompiers sont formés

"Des magots et des animaux sauvages protégés par la Convention de Washington !", confirme à TF1.fr la directrice d’une association de défense des animaux de la région parisienne . Cette association, comme la plupart des autres, n’est pas habilitée à recueillir de tels animaux, ce qui ne l’empêche pas d’être l’objet de nombreuses demandes : "Nous avons surtout affaire à des propriétaires qui aiment leur animal mais qui ne peuvent faire face à leur agressivité, et non à des jeunes qui en auraient fait une bête de combat".


Une mygale. - AFP
Preuve encore que le phénomène des NAC, les nouveaux animaux de compagnie, est pris très au sérieux en France : les pompiers du Vaucluse et de la Drôme suivaient aujourd’hui une formation spéciale pour la capture des singes, des mygales, des serpents et des… crocodiles. "Depuis quelques années, les pompiers sont de plus en plus souvent confrontés à des interventions ‘non classiques’", explique Eric Fougeiroles, un des directeurs de la Ferme aux crocodiles dans la Drôme contacté par TF1.fr. "Il s’agit surtout de prévenir les accidents et d’éviter les morsures souvent sérieuses mais les pompiers apprennent également à prendre soin de l’animal", poursuit-il. A Paris, le problème est tel qu’il existe une équipe spéciale d’intervention pour les animaux sauvages. Il faut bien s'adapter.

Par David Straus le 11 novembre 2000 à 00:00
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