© INTERNEIl s’appelle Valentin et il est le premier bébé français né après une sélection d’embryons sur base de leurs gènes. Le petit garçon est né prématurément lundi matin à l’hôpital Antoine Béclère de Clamart dans les Hauts-de-Seine et se porte bien, selon le Professeur Frydman, chef du service de gynéco-obstétrique de l’établissement.
![]() Les professeurs Munnich et Frydman. - AFP |
Une loi très stricte
Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) permet, par analyse génétique et sélection d’embryons, de garantir aux parents porteurs du gène d’une maladie héréditaire que leur enfant ne développera pas cette pathologie. La loi restreint l’intervention aux maladie "particulièrement graves et incurables", comme la myopathie ou la mucoviscidose, et ne la confie qu’à trois centres en France : Paris, Montpellier et Strasbourg.
Dans un premier temps, les médecins procèdent à la fécondation in vitro de plusieurs ovules de la mère à l’aide des spermatozoïdes du père. Ils prélèvent ensuite une cellule, voire deux, sur chaque embryons lorsque ces derniers ont atteint le stade de huit cellules. Chaque cellule prélevée fait l’objet d’un diagnostic génétique à l’issue duquel les médecins connaîtront les embryons qu’ils peuvent implanter dans l’utérus.
La grossesse qui s’ensuit se déroule comme une autre. Pour s’assurer de la santé de l’enfant, les médecins pratiquent toutefois une amniocentèse, une dernière analyse des cellule du fœtus, quelques semaines après l’implantation. Récemment, une première grossesse s'était soldée par une fausse couche : l’enfant aurait été trisomique.
Retard français
![]() Roger-Gérard Schwartzenberg. - AFP |
Par ailleurs, la loi française limite la possibilité à un seul diagnostic, celui de la maladie qui touche le couple demandeur, alors que d'autres pays, comme la Belgique, permettent plusieurs diagnostics, par exemple une myopathie dont souffre d’autres membres de la famille ou la détection de mongolisme. Aux Etats-Unis, la batterie de dépistage des maladies génétiques est fonction de ce que payent les parents. Une dérive selon beaucoup de médecins français.
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