Les avocats romptent les négociations

Par , le 06 décembre 2000 à 00h00

Les avocats, qui réclament une revalorisation de l’aide juridictionnelle, ont rompu, mercredi soir, leurs négociations avec la Chancellerie faute de propositions satisfaisantes de cette dernière. Toute la journée, les robes noires s’étaient mises en grève.

Les avocats romptent les négociations © INTERNE

Il est assez rare de les entendre protester en dehors des enceintes des palais de justice, encore plus rare de les voir se mettre en grève ou de défiler à plus de 4000 en plein Paris, comme vendredi dernier. Mais, pour les avocats, cette fois-ci la coupe est pleine et ils maintiendront le mouvement jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction une revalorisation de l'aide juridictionnelle. Depuis plusieurs semaines déjà, ils observent une " grève du zèle " et aujourd’hui, ils ont observé une grève générale et nationale, avant de rencontrer pour la deuxième fois la garde des sceaux en fin de journée.


La grève de vendredi
dernier (afp) -
Mais ces négociations entre la Chancellerie et les robes noires ont été rompues, à l'issue d'une réunion de plus de deux heures. "C'est bloqué, on a pris connaissance ce soir de la réaction de l'ensemble des barreaux qui nous a demandé de ne rien signer. Nous avons été leur porte-parole," a expliqué le bâtonnier Patrick Gervais, membre de la Conférence des bâtonniers. "La Chancellerie a considéré qu'elle ne pouvait pas aller plus loin. Les négociations sont rompues", a-t-il ajouté. La ministre de la Justice, Marylise Lebranchu, a mené personnellement ces négociations avec son cabinet, face à toutes les organisations professionnelles et syndicales des robes noires. En fin de matinée mercredi, la garde des Sceaux avait estimé que ces négociations allaient se dérouler "dans de bonnes conditions". Les avocats ne semblaient pourtant pas partager la même analyse.

Les revendications

Fait rarissime, des ténors du barreau de Paris aux débutants de province, l'ensemble de la profession (35.000 avocats), avec à sa tête les 181 bâtonniers de France, s'est mobilisée pour réclamer et obtenir le doublement de l'Aide Juridictionnelle (AJ). Cette aide permet aux plus démunis de bénéficier d'un

Ministère de la justice -
avocat gratuitement. L’an dernier, quelque 700.000 personnes ont bénéficié de cette aide et des milliers d'avocats commis d'office ont perçu à peine l'équivalent du salaire minimum légal pour assister et défendre les personnes dans l'incapacité de payer des honoraires. Cette augmentation, les robes noires la réclament depuis une dizaine d’années déjà. Ils protestent également contre le nombre toujours croissant des affaires relevant de l’AJ.

Outre la revalorisation du montant de l’Aide Juridictionnelle, les avocats demandent la mise en place de mesures d’urgence pour mieux assurer cette aide, la publication des décrets d’application encore manquant du texte législatif des AJ. Ils demandent également la revalorisation des plafonds permettant l’obtention de l’aide juridictionnelle gratuite. Pour l’heure la loi accorde une AJ totale aux personnes ayant un salaire inférieur à 5075 F et une AJ partielle aux personnes ayant un salaire inférieur à 7 500 F.

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Par Alexandra Guillet le 06 décembre 2000 à 00:00
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