Erika : le lourd bilan, un an après

Par , le 06 décembre 2000 à 00h00

Après un an d’enquête, le Conseil économique et social a remis son rapport récapitulant l’ensemble des dégâts provoqués par le naufrage de l’Erika et rendu un avis dans lequel il tempête contre l’addition salée que doit payer l’Etat, la faiblesse des indemnisations.

Erika : le lourd bilan, un an après © INTERNE

Plus de 60.000 oiseaux mazoutés, plus de 5.000 personnes mobilisées pour le nettoyage des côtes. Vingt-trois sites conchylicoles, soit 1.000 hectares de concessions, fermés pendant plusieurs mois. Importantes pertes pour les producteurs de sel. Entre 15 et 30 % de perte de chiffre d’affaire pour les professionnels du tourisme pendant les mois d’été. Jusqu'à 7 navires et 1.200 hommes de l’armée mobilisés. Le CES dresse ainsi l’inventaire des conséquences de la catastrophe de l’Erika, sans oublier de faire les additions. Des additions jugées beaucoup trop salées.

Le " coup de gueule " du CES


Nappe de pétrole -
Dans un avis rendu le même jour, le Conseil économique et social dénonce la faiblesse des indemnisations prévues pour les victimes du naufrage de l'Erika dont il chiffre à ce jour l'addition à 3 milliards de francs. Le Sommet européen de Nice doit donner un "mandat clair sur la sécurité maritime en ouvrant la voie à un accord clair entre le Conseil des ministres de l'Union européenne et le Parlement" estime le rapporteur Charles Fiterman.

Un autre rapporteur, Daniel Tardy a, pour sa part, jugé que le coût estimé de la catastrophe "coûtera cher à la collectivité" car "l'Etat va être obligé d'emprunter" et de rembourser quelque 400 MF chaque année pendant 10 ans.

Le Conseil dresse un bilan sévère des causes de l'accident, de ses conséquences et des solutions apportées, dénonçant notamment les réticences de certains (Grèce, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Danemark) à voir la sécurité maritime progresser. La catastrophe de l'Erika a eu, et a encore, "un impact environnemental, économique et social extrêmement lourd" et "le naufrage du Ievoli Sun n'a fait que l'étendre et l'accentuer", souligne le CES. "Il est clair, note le Conseil, que l'impact financier de la catastrophe dépasse déjà


Le nettoyage des cotes -
très largement le plafond d'indemnisation du FIPOL" (Fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures). "Même si TotalFinaElf en assume une partie, ce sera la collectivité publique qui assumera l'essentiel des coûts", déplore le CES. C'est pourquoi il propose un relèvement "suffisant" du plafond du FIPOL, actuellement de 1,2 md F, et la création d'un niveau européen d'indemnisation.

Le CES a également proposé une série de huit mesures au Conseil des ministres de l’UE et notamment un durcissement des sanctions en cas de "déballastages et dégazages sauvages" : immobilisation des navires et peines d'emprisonnement pour les responsables.

Par Alexandra Guillet le 06 décembre 2000 à 00:00
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