Evasion manquée pour Guy Georges

Par Guillaume PERRIER , le 26 décembre 2000 à 00h00

Le tueur en série parisien présumé, Guy Georges, a tenté de s’évader de sa cellule de la prison de la Santé, mardi matin. Il a rapidement été remis derrière les barreaux ainsi que ses deux compagnons d’évasion. Son procès en Assises s’ouvrira le 19 mars prochain à Paris.

Evasion manquée pour Guy Georges © INTERNE

Il avait déclenché une véritable psychose jusqu'à son arrestation, voilà deux ans. En essayant de s'évader de la maison d'arrêt de la Santé mardi matin, Guy Georges a bien failli réveiller ces vieilles peurs. Le tueur en série présumé de l'Est parisien, incarcéré depuis le 26 mars 1998, a tenté de s'évader en même temps que deux de ses co-détenus, mardi à l'aube.


Guy Georges avant son
incarcération -
Les trois détenus, qui se trouvaient à l'isolement dans trois cellules différentes ont scié les barreaux et les grillages de leur cellule respective. Ils ont ensuite utilisé des grappins, probablement fabriqués grâce à des chaises, et des vêtements noués pour s'extirper de leur lieu de détention. L'un des trois fuyards a été appréhendé vers 5h15 par les agents surveillants alors qu'il était déjà hors de l'isolement, au pied d'un double mur de huit mètres de haut. "Les deux autres, dont Guy Georges, ont pu aussi être remis dans une cellule", a expliqué un membre du personnel pénitentiaire. L'ex-"ennemi public n°1" se trouvait lui encore dans sa cellule lorsqu'il a été surpris.

 A la recherche du "fil d'ange"

La Brigade de répression du banditisme (BRB) a été immédiatement saisie et ses enquêteurs cherchent à déterminer comment les barreaux ont été sciés. "Les cellules sont situées sur un rez-de-chaussée surélevé, à deux ou trois mètres du sol. L'un des trois a été plus rapides que les deux autres et a réussi à soulever le grillage vertical de sa cellule, scellé sur le mur à hauteur de la fenêtre", a indiqué un enquêteur. Les détenus ont été soumis à une radiographie destinée à vérifier s'ils n'avaient pas avalé un "fil d'ange", (fil métallique très résistant capable de s'attaquer à l'acier).

Une commission de discipline a été réunie en urgence. Les trois détenus ont écopé de 45 jours de "mitard" (quartier disciplinaire) et feront l'objet de poursuites pénales. Ils risquent trois ans de prison pour leur tentative d'évasion.

"S'évader, c'est l'espoir de la vie"


Les évadés ont été vite
repris -
L'avocate de Guy Georges a indiqué "ne pas être étonnée" par cette tentative: "En règle générale, la majorité des détenus ne vivent que dans l'espoir de retrouver la liberté. Tenter de s'évader, c'est l'espoir de la vie", a justifié Me Sophie Bottai. "J'ai vu Guy Georges il y a environ un mois. Il est à l'isolement. Ce sont des conditions de détention très pénibles", a-t-elle ajouté. Guy Georges, aujourd'hui âgé de 38 ans est soupçonné de sept assassinats et quatre agressions, perpétrés entre 1991 et 1997. A ce titre, il doit être jugé par la cour d'Assises de Paris à partir du 19 mars prochain.

L'arrestation de Guy Georges avait été marquée par plusieurs dysfonctionnements. Arrêté une première fois en 1996, il avait été relâché, faute de preuves. Seule l'étude de ses empreintes génétiques avait permis son identification certaine puis son interpellation, au printemps 1997, après plusieurs nouvelles agressions.

Par Guillaume PERRIER le 26 décembre 2000 à 00:00
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