Les mairies font le plein d’électeurs !

Par , le 30 décembre 2000 à 00h00

Les mairies ont ouvert leurs portes ce samedi pour permettre aux ultimes retardataires de s’inscrire sur les listes électorales ; Exemple à la Mairie du treizième arrondissement de Paris où la bonne humeur restait de mise malgré une file d’attente interminable.

Les mairies font le plein d'électeurs ! © INTERNE

" Oh ! Vous savez, c’est une question d’habitude. A chaque fête de fin d’année qui précède une élection c’est la même chose, mais aujourd’hui on va battre des records", explique une employée de la mairie du 13ème arrondissement de Paris, le sourire aux lèvres. Et il n’y a qu’à se pencher du haut de l’escalier qui conduit au premier étage, où se trouve le bureau des élections, pour comprendre. La queue, les gens, à perte de vue.

Les uns jouent les équilibristes dans l’escalier en bois, les autres servent de cale porte, certains s’assoient, se relèvent, font un mètre, puis se rassoient, avant de recommencer. D’autres encore poussent un peu pour atteindre le hall d’entrée et ne pas rester dehors…dans le froid. Les nerveux jonglent avec leur quittance et leur carte d’identité, les deux éléments indispensables. Les moins timides, eux, sympathisent avec les voisins, histoire de faire passer le temps plus rapidement. Il faut compter entre 30 et 45 minutes pour atteindre les guichets de la délivrance. Pour ce dernier jour de décembre, tous sont ouverts. Et les employés semblent pour un temps avoir troqué leurs casquettes municipales contre celles d’ouvriers, spécialistes du travail à la chaîne. Chaque jour, ils voient défiler entre 600 et 700 personnes qui veulent s’inscrire sur les listes électorales. Et dans la file d'attente les gens semblent unanimes -et surpris ! - de l'organisation mise en oeuvre et de son efficacité.


L'enregistrement
sur les listes -

Posez leur la question de savoir pourquoi ils ont attendu le dernier moment pour venir s’inscrire. Les réponses fusent mais les formulations ne varient guère. Ainsi pour Violaine et Valérie, qui font la queue depuis déjà vingt bonne minutes, ce n’est pas faute d’y avoir pensé : " cela fait des semaines que je me dis, il faut que j’y aille, il faut que j’y aille… et puis me voilà aujourd’hui. Avant, j’ai pas eu le temps ". Denis, lui, est parti en vacances. Il vient juste de revenir, alors il patiente : "c’est l’urgence du droit civique qui m’appelle. C’est pour cela que je reste à faire la queue. Cette année, à Paris, l’enjeu est réel, il ne faut pas le louper… mais pour cela il me faut ma carte !".
 
Sabina, la cinquantaine, n’en est pas à sa première tentative : "Je suis déjà venue plusieurs fois mais les longues files d’attentes me décourageaient. A chaque fois, je me suis dit que je reviendrais un autre jour…Mais là, je suis obligée de rester…. ". En attendant son tour, elle a sympathisé avec Hubert, enseignant à Yale qui débarque des Etats-Unis pour les fêtes. Lui non plus n’a pas eu le choix : " Je voulais y aller cette semaine mais j’ai eu la grippe ". Compte-t-il être là pour les élections ? Oui : " Les élections américaines nous ont montré que chaque vote est important. Et à Paris, on n’a pour l’heure aucune idée de qui va bien pouvoir gagner. Chaque vote sera important ".

Il est temps d'y aller. Le hall de la mairie n’a pas désempli, mais les visages ont changé. Seule reste une surprenante et très bonne humeur.

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Par Alexandra Guillet le 30 décembre 2000 à 00:00
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