Vente record des souvenirs de la Callas

Par A.G. , le 04 décembre 2000 à 00h00

La vente aux enchères des souvenirs et effets personnels de Maria Callas, ce wek-end à Drouot, a battu tous les records en dépassant de plus de 50 % les estimations des experts.

Vente record des souvenirs de la Callas © INTERNE

Estimée 6 à 7 millions de francs au départ par les experts, la vente aux enchères très médiatisée des effets personnels de Maria Callas a remporté un franc succès puisque cette somme a été atteinte dès samedi soir, alors que la vente ne se terminait que dimanche. Au total, la vente aura rapporté 9,3 millions de francs. C’est dans une ambiance survoltée, dans une des salles de l’hôtel Drouot, à Paris, qu’ont été disséminés quelque 2.000 objets, vendus en 425 lots.


Mise aux enchères -
Les enchères-phare de dimanche ont porté sur le Disque d'or de La Callas, par la maison de disques EMI, qui a triplé son estimation haute pour partir à 225.500 francs, et sur une gouache préparatoire à une représentation de "Médée" à la Scala, par Tsarouchis, qui a atteint 120.000 francs. Une affiche originale annonçant une représentation de La Traviata de Verdi à La Scala de Milan en 1956, où la Diva chantait sous la direction de Carlo Maria Giulini était proposée à 2/3.000 francs : elle a atteint l'enchère astronomique de 110.000 francs, portée par un jeune compositeur libanais Omar Harfouch, reconverti dans les affaires. Il en a aussitôt fait cadeau à la Fondation Athenaeum qui gère le Grand Prix Maria Callas, ainsi qu'une mèche de cheveux de la Diva, acquise pour 38.500 francs. La présidente de cette Fondation, Mme Louli Psichuli, venue soustraire aux acheteurs les sous-vêtements de la Callas qui, selon elle, "salissaient scandaleusement la mémoire de la Diva", a fondu en larmes devant la générosité de ce jeune mécène.

Le tableau fétiche vendu près d’un million de francs


le tableau fétiche -
Quant à l'objet-fétiche de la cantatrice, "La Sainte-Famille", petit tableau attribué à Cignarolli (XVIIIème) que lui avait offert Battista Meneghini avant qu'elle ne l'épouse, il a atteint l'enchère la plus haute, samedi soir, en partant à 990.000 francs.

L'assistance s'est passionnée pour un mystérieux enchérisseur au téléphone, un collectionneur européen, qui a emporté successivement son boléro de vison blanc (330.000 francs), ses lunettes (143.000 francs) et un chignon postiche (88.000 francs). Les enchères en ligne ne se sont pas vraiment imposées à l'exception de celle qui a porté sur une mèche de cheveux de Maria Callas, arrachée par une New Yorkaise à 85.800 francs, sur une estimation de 50 à 70.000 francs. Le député-maire d'Athènes a fait sensation en enlevant le fameux manteau de Chinchilla transformé en pelisse du soir et une paire de gants noirs, mais aussi un portrait de la diva par Luchino Visconti.

Les objets provenaient de deux collections, constituées par MM. Ilario Tamassia et Nicolas Petsalis-Diodimis auprès des parents de la diva, décédée en septembre 1977, et qui, n'ayant pas d'héritiers, voulaient s'en séparer. Maître Frédéric Chambre qui tenait le marteau pour l'étude Calmels, Chambre, Cohen, n'avait pas voulu donner d'"estimation haute" pour cette dispersion, soulignant la "part irrationnelle et sentimentale" liée à "la légende Callas". Ainsi, son simple verre-doseur en Pyrex s'est-il vendu dimanche à 7.700 francs.

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Par A.G. le 04 décembre 2000 à 00:00
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