Affaire Cordier ou l'histoire d'un comité de soutien

Par , le 14 janvier 2001 à 14h45 , mis à jour le 15 janvier 2001 à 11h21

Guy Cordier, accusé d’avoir tué sa femme en Haïti puis finalement acquitté, vient de rentrer en France. Pour soutenir ce garagiste grenoblois, famille, amis et voisins ont créé un comité de soutien. Ils ont remué autorités, avocats et médias, appelé les Français à témoigner de leur solidarité. Rencontre avec Mylène Gamboni, membre de ce comité.

Guy Cordier acquitté © INTERNE

TF1.fr : Comment est née cette idée de création d’un comité de soutien pour Guy Cordier ?

M.G.: Madame Cordier habite dans ma commune. Elle a 72 ans et est très discrète. Quand son fils a eu ses ennuis, c’est elle qui a récupéré ses deux petites filles. Toute seule, elle s’est débrouillée comme elle a pu pour faire bouger les choses au niveau de l’ambassade de France, en Haïti, et du Quai d’Orsay, en métropole. Petit à petit, les voisins –dont je fais partie- et amis de Guy Cordier ont appris sa mésaventure et se sont spontanément rendus chez sa mère, Simone, pour lui venir en aide. Personnellement, je connaissais quelqu’un qui avait travaillé dans l’association de soutien aux otages de Jolo. Il m’a alors donné le mode d’emploi pour créer une association de soutien. Lorsque le Téléthon est passé dans notre commune, à Saint Georges de Commiers, nous avons collé des affiches partout. Le samedi soir, plus de 80 personnes sont venues dans la salle des fêtes de la commune pour obtenir plus d’informations sur cette affaire. Le lendemain soir, TF1 nous consacrait une partie d’émission. Tout est donc allé très vite : l’association était officiellement créée le 11 décembre. Son président, Patrick Favier, est un ami de Guy. Nous avons demandé au maire de notre commune, M. Gasqui, d’en être le vice-président. Le frère de Guy, Serge Cordier, a aussi pris part au Comité, ainsi que trois autres personnes, dont moi-même.

TF1.fr : Les manifestations de soutien de la part des français ont-elles été importantes ?

Plus de 1200 lettres et 100 000 francs de dons

M.G. : Oui, à la suite de l’émission sur TF1, au cours de laquelle le nom du comité et son adresse

 

ont été communiqués, nous avons reçu entre 50 à 60 lettres par jour. Plus de 1200 en tout. Il y a eu de nombreux témoignages personnels. Certains décrivaient la personnalité de Guy pour démontrer qu’il n’aurait jamais pu tuer sa femme. D’autres témoignages nous sont parvenus de personnes à qui il était également arrivé des mésaventures lors de voyages en bateau de plaisance à Haïti. Plusieurs de ces témoignages ont pu être versés au dossier. Par ailleurs, nous avons reçus de nombreux dons, à hauteur de 100 000 francs, ce qui nous a notamment permis de prendre un avocat et de l’envoyer en Haïti.

TF1.fr : Pensez-vous que l’existence de votre comité est ce qui a permis de donner un coup d’accélération à la procédure en cours contre Guy Cordier ?

M.G. : Je ne sais pas. Nous n’étions pas sur place. De nombreuses démarches ont été lancées par Simone Cordier, ainsi que par le maire de notre commune, pour sensibiliser les différentes autorités à cette situation. Notre comité a permis d’ajouter des structures, de préparer des moyens pour la défense (avocat, observateurs, presse) et enfin d’organiser une pression médiatique et populaire du fait de l’élan de solidarité.

TF1.fr : Maintenant que Guy Cordier est libre, allez-vous dissoudre votre association ?


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M.G. : Lors de la création de ce comité, nous avions inscrit dans nos statuts plusieurs objectifs : la libération de Guy et le soutien psychologique et matériel de Guy et de ses proches. Dans les prochains jours, nous allons voir quel genre d’actions nous pouvons encore mener pour les aider. Ensuite nous dissoudrons le comité mais cela pourra prendre quelques mois : nous attendons par exemple de savoir s’il est possible de rapatrier les cendres de Chantal Cordier. S’il nous reste des fonds, nous en ferons profiter une autre association ayant le même type d’objectifs, comme l’association de soutien à Stéphane et Sonia, otages de Jolo nous avait, à l’époque, fait don des 7 500 francs qui restaient dans sa trésorerie. Sur ce point, nous souhaitons d’ailleurs une transparence totale. C’est pourquoi nous avons demandé à la Ligue des Droits de l’Homme de contrôler nos comptes.

Par Alexandra Guillet le 14 janvier 2001 à 14:45
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