Christine Deviers-Joncour, de l'ombre des puissants aux feux de l'actualité

Par Franck LEFEBVRE , le 19 janvier 2001 à 17h00 , mis à jour le 19 janvier 2001 à 17h13

Longtemps dans l'ombre, Christine Deviers-Joncour est sortie de l'anonymat après la mise à jour des sommes colossales que lui a versées Elf, s'érigeant en quelques mois, par une très forte présence médiatique, en victime expiatoire d'un système de corruption généralisé.

affaire elf deviers joncour © INTERNE

Placée en détention provisoire pendant un peu plus de cinq mois, l'ancienne maîtresse de Roland Dumas a multiplié, depuis sa sortie de prison le 9 avril 1998, les prises de position publiques, sur les plateaux de télévision, dans la presse ou au travers de ses livres. Cette femme élégante de 53 ans, soupçonnée d'avoir perçu plus de 60 millions de francs de la part d'Elf sans réelle contrepartie, n'hésite pas à évoquer, dès que l'occasion lui en est donnée, ce qu'elle appelle son "combat" contre "la corruption politique" ou "l'omerta française". Elle n'a notamment eu de cesse de réclamer que la lumière soit faite sur les commissions versées en marge de la ventes des frégates par Thomson à Taïwan, en 1991.

"Imprécisions et contradictions"


Deviers Joncour et son avocate -
Elle soutient en effet que la commission de 45 millions de francs que lui a versée Elf-Aquitaine International (EAI), filiale suisse du groupe pétrolier français, était liée à sa "mission d'information" auprès de Roland Dumas, alors ministre des Affaires Etrangères, hostile à ce contrat. "Nous continuons à nous poser des questions pour savoir où sont passées les commissions versées aux autres réseaux, avec de possibles rétrocommissions", déclarait, il y a quelques mois, son avocate Me Sophie Bottai. "Quand seront révélés ces faits très graves, cela fera un scandale sans précédent sous la Ve République", ajoutait-elle.

L'ancienne compagne de Roland Dumas maintient par ailleurs qu'elle a effectué un "travail réel" pour le groupe Elf, une analyse qui n'est pas partagée par les juges en charge du dossier. Mme Deviers-Joncour "savait pertinemment que les sommes qu'elle percevait, ne serait-ce que par leur montant, étaient injustifiées", indiquent Eva Joly et Laurence Vichnievsky dans leur ordonnance de renvoi. Les deux juges, qui l'ont interrogée à de nombreuses reprises, ne mâchent pas leurs mots à son encontre, stigmatisant ses "explications très confuses et fluctuantes" ainsi que les "imprécisions, contradictions ou erreurs manifestes qui entourent" ses déclarations.

Par Franck LEFEBVRE le 19 janvier 2001 à 17:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience