© INTERNEHier, un convoyeur de fonds de la Brinks a été tué d'une balle dans la tête lors de l'attaque de son fourgon à Villejuif, dans le Val-de-Marne. Les syndicats de transports entendent protester contre cette nouvelle manifestation de violence à l'encontre de cette profession à risque, même s'ils divergent sur l'attitude à) adopter. Interviews.
Roger Poletti, secrétaire général de FO Transports, lance un appel immédiat à la grève.
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: Quelle est votre première réaction après la nouvelle attaque visant des convoyeurs de fonds à Villejuif ?Roger Poletti
: J'ai la rage ! Cette attaque démontre toutes les faiblesses du décret élaboré le 15 décembre (qui vise à renforcer la sécurité lors des transports de fonds, NDLR). L'endroit où s'est déroulée l'attaque était malheureusement un point noir relativement connu.tf1.fr
: Pourtant le décret avait été bien accueilli …R.P
: Ce décret est un bon décret, le problème c'est qu'il aurait aussi dû comporter une circulaire d'application, ce qui n'est absolument pas le cas.tf1.fr
: L'objectif de la table ronde qui va être organisée au ministère n'est-il pas de prendre les dispositions nécessaires à l'application du décret ?R.P
: On aura une table ronde qui va se tenir au mois de janvier (ce jeudi finalement, NDLR) et encore, c'est parce que j'ai réagi suffisamment brutalement lors de la dernière attaque à Gentilly la semaine dernière. Mais cette table ronde ne vise qu'à faire le point sur les mesures déjà appliquées et pas sur les nouvelles mesures à prendre d'urgence. Il y a pourtant un énorme chantier : le passage à l'euro et les mesures de sécurité qui l'accompagne. Sur cette question un plan d'action est en cours de préparation au ministère mais rien de concret n'est à l'ordre du jour. Pourtant il n'y a plus une minute à perdre. Les ministres sont en train de noyer le poisson !tf1.fr
: Dans l'immédiat, quel mot d'ordre lancez-vous aux convoyeurs ?R.P
: J'appelle à cesser le travail immédiatement et j'exige une audience au ministère de l'intérieur dans les plus brefs délais.
Jean-Pierre Prou, secrétaire fédéral à la CGT (fédération des transport), insiste sur la nécessité d’instaurer des mesures urgentes et concrètes, allant jusqu’à la fermeture de certains distributeurs.
tf1.fr : Comment réagissez-vous à cette nouvelle attaque meurtrière ?
Jean-Pierre Prou : Compte tenu de la configuration de l’agression, cela confirme le besoin d’un décret sur le réaménagement des lieux d’acheminement des fonds. Le fait que ce décret existe est important, mais il comporte de nombreuses difficultés dans sa mise en œuvre. Il faut donc appliquer des mesures dès maintenant.
tf1.fr : Quelles sont ces mesures d’urgence ?
J.P.P : Tout d’abord, il faut une réunion immédiate des préfets pour discuter des "points noirs" que constituent les lieux à risque. Il s’agit de lieux publics où l’acheminement de fonds est particulièrement dangereux, comme à Villejuif. Nous préconisons d’en fermer certains, quitte à réaménager les distributeurs plus loin. Cette mesure accompagnerait l’instauration des horaires aléatoires, déjà prévue par le décret.
tf1.fr : Lancez-vous un appel général à la grève ?
J.P.P : Nous avons recommandé à la Brinks le rapatriement immédiat de tous ses camions, mais d’un autre côté nous ne décidons pas à la place des salariés (Deux positions partagées par la CFTC, NDLR). La CGT sera néanmoins à leur côté s’ils décidaient d’un mouvement social.
Joël Le Coq, secrétaire général adjoint de la CFDT Transports, veut éviter une réaction précipitée et souligne les progrès déjà accomplis en matière de sécurité.
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: Les mesures prisent par le gouvernement sont-elles suffisantes ?Joël Le Coq
: Le décret qui vient de sortir nous paraît positif mais il faut maintenant du temps pour le mettre en œuvre. Malheureusement les truands vont plus vite que nous. Il faut accélérer les mesures de protection mais le décret va dans le bon sens.tf1.fr
: Vous ne réclamez donc pas de nouvelles dispositions…J.L.C
: A chaque fois qu'il y a une agression il faut qu'on se réunisse pour apporter des parades aux méthodes des malfaiteurs. Mais je le redis, le décret tel qu'il a été établi me convient. Il nous faut simplement du temps pour l'appliquer et l'adapter ; il ne faut pas se leurrer, ce sera forcément long.
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