Convoyeurs : opération "points noirs"

Par , le 06 janvier 2001 à 00h00

Les convoyeurs de fonds ont obtenu du ministère des Transports une amélioration de la sécurité sur les "points noirs" ou dangereux ; La Brink’s va poursuivre la grève au moins jusqu’à lundi et une centaine de distributeurs ne seront pas approvisionnés.

Convoyeurs : opération "points noirs" © INTERNE


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La Brink's a au moins le mérite de prévenir en avance. A compter de lundi prochain, près de 500 distributeurs de billets (DAB), dont une centaine en région parisienne, considérés comme des "points noirs à hauts risques" pour les convoyeurs, ne seront plus approvisionnés en cas de reprise du travail. Les sites concernés sont situés dans des espaces publics (gares, hôpitaux, centres commerciaux). La direction de la Brink's s'est également engagée vendredi à dresser la liste des quelque 5.000 "points noirs" desservis par les convoyeurs de fonds en France, qui devront, selon elle, être mis aux normes de sécurité avant trois mois sous peine de ne plus être livrés.

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, a adressé aux préfets des instructions pour réunir "sans délai" les commissions départementales de la sécurité des transports de fonds, afin d'identifier les sites à risques qui doivent être sécurisés.

L'ensemble de ces mesures font suite à la table ronde qui a réuni tous les acteurs du convoyage de fonds au ministère des Transports, jeudi soir. Elle avait été organisée à la suite du meurtre d'un convoyeur de fonds de la Brink's, la veille, alors qu'il approvisionnait un distributeur de billets dans le hall de l'hôpital de Villejuif.

Une grève en forme de boycott


Entrée Hôpital Roussi -
Le mot d'ordre de grève dans le convoyage de fonds n'était pratiquement suivi vendredi qu'à la Brink's Ile-de-France mais se transformait sur l'ensemble du territoire en un mouvement de "boycott des points noirs". Vendredi matin, les convoyeurs de la Brink's Ile-de-France avaient décidé en assemblée générale de poursuivre au moins jusqu'à lundi leur grève entamée mercredi. Selon la direction de l'entreprise, ce mouvement était suivi à 100% en Ile-de-France et touchait également quelque peu le Nord et l'Est (50%). La grève était également suivie dans les Alpes-Maritimes, où les employés de la Sazias, qui gère plus de la moitié du marché des transports de fonds du département, ont arrêté le travail à midi, tandis que ceux de la Brink's avaient cessé toute activité dès le matin. Mais sur le reste du territoire, le mouvement de grogne se transformait en un mot d'ordre de boycott des sites de desserte jugés trop dangereux, avec l'approbation des syndicats. Ce boycott s'appuie sur un article du code du travail légalisant le "droit de retrait", à savoir la possibilité pour un salarié de refuser d'accomplir une mission s'il juge qu'elle met en péril sa vie ou sa santé.

Voir aussi la réaction des syndicats

Photo d'ouverture : archive – AFP

Par Alexandra Guillet le 06 janvier 2001 à 00:00
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