Dominique Baudis nommé à la tête du CSA

Par Franck LEFEBVRE , le 17 janvier 2001 à 12h55 , mis à jour le 17 janvier 2001 à 13h10

Pressenti depuis plusieurs semaines comme le successeur d'Hervé Bourges, Dominique Baudis a été officiellement désigné mercredi par Jacques Chirac pour assurer la présidence du CSA.

Dominique Baudis © INTERNE

C’est désormais officiel. Mercredi, Jacques Chirac a nommé Dominique Baudis, le député-maire UDF de Toulouse, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel en remplacement d'Hervé Bourges, dont le mandat prend fin le 23 janvier. Le chef de l'Etat a également désigné comme membre du CSA de Yvon Le Bars en remplacement de Véronique Cayla. Le président du Sénat Christian Poncelet a choisi pour sa part Philippe Levrier en remplacement de Jean-Marie Cotteret, et le président de l'Assemblée nationale Raymond Forni a désigné Francis Beck en remplacement de Philippe Labarde. Cette nomination de Dominique Baudis à la tête du CSA était depuis longtemps attendue… et largement controversée, plusieurs figures de gauche y voyant une manœuvre politique.

Une personnalité de l’UDF nommée à la présidence du CSA

Dominique Baudis, qui fut journaliste à la télévision pendant une dizaine d'années, et qui a été nommé en mai dernier président du comité éditorial du Figaro, après le décès d'Alain Peyrefitte, est une figure de proue du mouvement centriste depuis près de vingt ans. Mais il avait pris depuis un an

"Chirac veut
renforcer
la tendance
anti-Bayrou"
ses distances avec la vie politique, en annonçant qu'il ne se représenterait pas à la mairie de Toulouse après 18 ans de mandat. Début 2001, il a concrétisé cet adieu à la compétition électorale lors de ses vœux à la presse, en saluant pour la première fois depuis 1983 ses "confrères journalistes" et en indiquant qu'il ne se représenterait pas aux élections législatives pour un nouveau mandat de député de la Haute-Garonne. Mais le dernier des "Comtes de Toulouse", comme l'appellent affectueusement certains de ses amis ou, ironiquement, quelques-uns de ses adversaires, avait pris garde de souligner que son retrait de la politique ne signifiait pas qu'il renonçait au service public ou au service de la République. Ce qui pouvait laisser penser à une prochaine reconversion…

"Une nomination à double détente"

Effectivement, Dominique Baudis avait été pressenti comme futur président du CSA depuis plusieurs semaines – à la grande méfiance de diverses personnalités socialistes. Dans une interview publiée par Le Monde fin décembre, François Hollande, premier secrétaire du PS, affirmait qu'il serait "très choquant" de nommer Dominique Baudis à la tête du Conseil supérieur de l'audiovisuel, en ajoutant qu'une telle nomination par le président Jacques Chirac reviendrait à "politiser" le CSA, "un organisme qui a vocation à travailler de manière neutre et impartiale, cela au moment, précisément, où le CSA va avoir à arbitrer les règles et les formes de la campagne présidentielle" de 2002. Et le 5 janvier, Georges Frèche estimait vendredi sur RMC que le président Jacques Chirac procèderait à une telle nomination "un peu pour isoler (François) Bayrou", le président de l'UDF. "C'est un coup à deux détentes. Il renforce Baudis qui est un des rares à soutenir (Philippe) Douste-Blazy au sein du CDS, donc ils veulent renforcer la tendance anti-Bayrou au sein de l'UDF", assurait alors le député-maire socialiste de Montpellier.

Par Franck LEFEBVRE le 17 janvier 2001 à 12:55
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