"C’est une affaire Mitterrand-Pasqua"

Par Philippe MATHON et Franck LEFEBVRE , le 11 janvier 2001 à 00h00

Philippe de Villiers accuse : selon lui, le dossier du trafic d’armes en Angola, dans lequel Jean-Christophe Mitterrand et Charles Pasqua sont impliqués, "est une affaire d’Etat avec des ramifications intercontinentales". C’est ce que le député vendéen a affirmé mercredi après-midi à sa sortie du palais de justice de Paris, où il avait été entendu comme "témoin à charge" - selon ses propres ...

"C'est une affaire Mitterrand-Pasqua" © INTERNE

"L'affaire Mitterrand-Pasqua est une affaire grave, une affaire d'Etat avec des ramifications intercontinentales". Mercredi, à 19 heures, à peine sorti du palais de justice, c'est un Philippe de Villiers plus incisif et accusateur que jamais qui s'est présenté face à la foule des journalistes. Et tout en affichant une discrétion de façade, il a une nouvelle fois accusé Jean-Christophe Mitterrand... et Charles Pasqua. Le député vendéen venait tout juste d'être entendu par les juges Isabelle Prévost-Desprez et Philippe Courroye, en charge du dossier du trafic d'armes vers l'Angola. Six jours après la mise sous séquestre des comptes de la liste qu'il avait menée avec Charles Pasqua aux européennes de 1999, le député de Vendée déposait comme "témoin à charge", selon ses propres termes. Avec l'intention d'exposer ses "doutes" sur le financement du RPF. Pour Philippe de Villiers, il ne s'agit officiellement "en aucun cas d'un règlement de compte" avec son ancien co-listier, mais plutôt d'un "devoir civique".

"Délateur"


Du temps
de l'entente cordiale... -
L'affaire est de taille : Jean-Charles Marchiani, député européen RPF et ancien conseiller de M. Pasqua au ministère de l'Intérieur, a déjà été entendu fin novembre, comme témoin dans ce dossier. Son domicile, celui de M. Pasqua, ainsi que le siège du RPF et le conseil général des Hauts-de-Seine, présidé par l'ancien ministre de l'Intérieur, ont par ailleurs été perquisitionnés. A cette occasion, les enquêteurs ont notamment saisi la déclaration de patrimoine et les relevés bancaires du dirigeant du RPF.

Depuis sa démission en juillet 2000 de ses fonctions de vice-président du parti, Philippe de Villiers a dénoncé à plusieurs reprises "l'opacité financière" du parti qu'il avait fondé avec M. Pasqua au lendemain de leur succès aux élections européennes où ils avaient recueilli 13% des voix. Qualifié de "délateur" par M. Pasqua, le député vendéen était mercredi après-midi entendu à la demande du juge Courroye, qui enquête notamment sur des commissions versées en marge de ventes d'armes en 1993-94 au régime angolais du président José Eduardo Dos Santos en proie à la rébellion de l'Unita, dirigée par Jonas Savimbi.

Mystérieuse donatrice corse vivant au Gabon

Philippe de Villiers entendait "dire au magistrat pourquoi (il a) quitté le RPF et lui raconter l'histoire de (ses) doutes". "Parmi les points sur lesquels des questions peuvent se poser figurent notamment un prêt personnel de 4 millions de francs de Charles Pasqua au RPF ou encore l'intervention d'une certaine Mme Mondoloni", a-t-il indiqué. Selon le Canard Enchaîné en date du 3 janvier, Marthe Mondolini, domiciliée à Libreville (Gabon) et qui figurait à la 55ème place sur la liste Pasqua, a participé à hauteur de 7,5 millions de francs aux dépenses de la liste, soit plus d'un quart des dépenses totales engagées (29,4 millions de francs).

A l'issue des élections européennes, la Commission des comptes de campagne et des financements politiques avait réclamé des précisions sur l'origine de cet apport personnel, puis, après avoir reçu une attestation bancaire, avait décidé de valider les comptes.

(Photo d'ouverture : Philippe de Villiers à sa sortie du palais de justice)

Par Philippe MATHON et Franck LEFEBVRE le 11 janvier 2001 à 00:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience