© INTERNE"L'affaire Mitterrand-Pasqua est une affaire grave, une affaire d'Etat avec des ramifications intercontinentales". Mercredi, à 19 heures, à peine sorti du palais de justice, c'est un Philippe de Villiers plus incisif et accusateur que jamais qui s'est présenté face à la foule des journalistes. Et tout en affichant une discrétion de façade, il a une nouvelle fois accusé Jean-Christophe Mitterrand... et Charles Pasqua. Le député vendéen venait tout juste d'être entendu par les juges Isabelle Prévost-Desprez et Philippe Courroye, en charge du dossier du trafic d'armes vers l'Angola. Six jours après la mise sous séquestre des comptes de la liste qu'il avait menée avec Charles Pasqua aux européennes de 1999, le député de Vendée déposait comme "témoin à charge", selon ses propres termes. Avec l'intention d'exposer ses "doutes" sur le financement du RPF. Pour Philippe de Villiers, il ne s'agit officiellement "en aucun cas d'un règlement de compte" avec son ancien co-listier, mais plutôt d'un "devoir civique".
"Délateur"
![]() Du temps de l'entente cordiale... - |
Depuis sa démission en juillet 2000 de ses fonctions de vice-président du parti, Philippe de Villiers a dénoncé à plusieurs reprises "l'opacité financière" du parti qu'il avait fondé avec M. Pasqua au lendemain de leur succès aux élections européennes où ils avaient recueilli 13% des voix. Qualifié de "délateur" par M. Pasqua, le député vendéen était mercredi après-midi entendu à la demande du juge Courroye, qui enquête notamment sur des commissions versées en marge de ventes d'armes en 1993-94 au régime angolais du président José Eduardo Dos Santos en proie à la rébellion de l'Unita, dirigée par Jonas Savimbi.
Mystérieuse donatrice corse vivant au Gabon
Philippe de Villiers entendait "dire au magistrat pourquoi (il a) quitté le RPF et lui raconter l'histoire de (ses) doutes". "Parmi les points sur lesquels des questions peuvent se poser figurent notamment un prêt personnel de 4 millions de francs de Charles Pasqua au RPF ou encore l'intervention d'une certaine Mme Mondoloni", a-t-il indiqué. Selon le Canard Enchaîné en date du 3 janvier, Marthe Mondolini, domiciliée à Libreville (Gabon) et qui figurait à la 55ème place sur la liste Pasqua, a participé à hauteur de 7,5 millions de francs aux dépenses de la liste, soit plus d'un quart des dépenses totales engagées (29,4 millions de francs).
A l'issue des élections européennes, la Commission des comptes de campagne et des financements politiques avait réclamé des précisions sur l'origine de cet apport personnel, puis, après avoir reçu une attestation bancaire, avait décidé de valider les comptes.
(Photo d'ouverture : Philippe de Villiers à sa sortie du palais de justice)
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