Feu sur le juge Courroye

Par Philippe MATHON , le 03 janvier 2001 à 00h00

TRAFIC D’ARMES - En charge de l’affaire des ventes d’armes vers l’Angola, le juge d’instruction fait l’objet de sévères critiques, l’avocat de Jean-Christophe Mitterrand affirmant même qu’il "n’a plus sa place à la tête du dossier".

Feu sur le juge Courroye © INTERNE

Maître Versini-Campinchi ne désarme pas. Malgré la décision de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris d'ordonner la libération de Jean-Christophe Mitterrand, l'avocat continue de fustiger l'attitude du juge Courroye, en charge de l'affaire des ventes d'armes vers l'Angola.


Maître Versini-Campinchi,
l'avocat de JC Mitterrand -
En cause, un acte de procédure qui aurait été antidaté par le juge d'instruction. "Il y a un certains nombre de juges qui font n'importe quoi, affirme l'avocat, et là, il a fait n'importe quoi. Mon client n'aurait pas du être en détention provisoire, pas même une heure". Maître Versini va même plus loin, affirmant haut et fort que ce juge "qui fait mal son métier n'a plus sa place à la tête de ce dossier".

Les oreilles du juge Courroye ont eu une seconde occasion de siffler, ce matin. Charles Pasqua, ancien ministre de l'intérieur, a annoncé qu'il avait demandé à la garde des Sceaux "d'engager l'action publique" pour diffamation, après les "accusations" portées contre lui. Le président du RPF, dont le nom figure dans le dossier sans qu'aucune poursuite n'ait été lancée à son encontre, affirme "ne pas savoir" pourquoi les policiers ont perquisitionné chez lui, au siège de son parti et au conseil général des Hauts-de-Seine.

Guéguerre

"Il n'y a rien qui justifie cette démarche", a-t-il indiqué. "De deux choses l'une : ou il y a des choses à reprocher, et on le dit. Ou il n'y en a pas, et qu'on me fiche la paix".


Charles Pasqua
réclame des explications -
Voilà qui ne devrait pas atténuer la guéguerre - entre juges et personnalités - qui sévit depuis plusieurs mois. Avec, à chaque fois comme arbitre, les magistrats de la chambre d'instruction (ex-chambre d'accusation). Il y a un mois, déjà, ceux-ci désavouaient le juge d'instruction en ordonnant la remise en liberté de Michel Roussin, mis en examen dans l'affaire des lycées d'Ile-de-France.

Par Philippe MATHON le 03 janvier 2001 à 00:00
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