Jean qui rit, Philippe qui pleure

Par Christophe ABRIC & Alexandra GUILLET , le 07 janvier 2001 à 00h00

A trois mois des élections municipales, Philippe Séguin patauge encore à Paris. Deux sondages montrent que son équipe est loin derrière la gauche et que bon nombre de ses décisions, propositions et actions ne sont pas en phase avec les désirs de son électorat. Le dissident RPR, Jean Tiberi, appelle, quant à lui, à l’union de la droite.

Jean qui rit, Philippe qui pleure © INTERNE

Philippe Séguin le reconnaît lui-même, dans une interview accordée au Journal du Dimanche : "notre message ne passe pas". C'est peu de le dire, à en croire les derniers sondages, publiés par le JDD et le Parisien. Dans tout les cas de figure, que ce soit dans le XVIIIe -arrondissement clef- ou dans tout Paris, les listes d'union RPR-UDF-DL sont devancées par la gauche. Tout aussi inquiétant pour le député des Vosges, une immense majorité des électeurs de droite sont en désaccord avec ses options, que l'on parle d'une union avec Tibéri ou de l'intransigeance vis-à-vis des mis en examen.

La gauche loin devant


Même en cas
de triangulaires... -
D'après un sondage Ifop publié par le JDD, la liste Séguin conduite par Roxane Decorte perd le XVIIIe dans toutes les configurations. Au premier tour, elle ne remporterait que 23 % des suffrages, contre 39% pour la gauche, et 11% pour la liste Tibéri. En cas de duel gauche/droite, la liste Séguin perdrait avec 43% des voix contre 57% pour la gauche. Et en cas de triangulaire gauche/droite/Tibéri, même topo : 28% pour la droite, 18% pour Tiberi et 54% pour la droite.

Le sondage du Parisien s'intéresse aux intentions de vote sur tout Paris. A la question "Préfèreriez-vous un maire de droite ou de gauche ?", 40% répondent "de gauche", contre 36% " de droite". Seule lueur d'espoir pour Séguin, les 24% d'indécis qu'il compte bien ramener à lui.

En désaccord avec son électorat

Plus inquiétantes sont les questions posées aux électeurs de droite, qui montrent un gros désaccord avec les options séguinistes dans la course à la Mairie. Alors que le candidat se refuse catégoriquement à tout accord avec les listes Tibéri, 80% des électeurs de droite souhaitent un tel accord de désistement. Concernant la sévérité vis à vis des mis en examen, même punition. Séguin n'a fait que rétrograder Jacques Toubon dans la liste du XIIIe ; or, 59% des électeurs de droite souhaitent qu'une tête de liste mise en examen se retire purement et simplement, 20% qu'elle reste tête de liste au nom de la présomption d'innocence, et seulement 14% qu'elle soit rétrogradée, soit l'option prise par Séguin.


Désaccord sur Toubon -
Ces mauvais résultats pour M. Séguin confirment ceux de sondages parus à l'automne 2000. Le 27 octobre, une enquête SOFRES/Figaro-Magazine créditait la liste de gauche de 55 % dans le XVIIIème, battant de dix points celle du RPR-UDF-DL (45 %), dans l'hypothèse d'un retrait de l'équipe Tiberi. Une enquête CSA/Le Parisien-Aujourd'hui, publiée le 28 octobre, donnait aussi, en cas de triangulaire, une large victoire à la liste de gauche (56 %), devant la liste RPR-UDF-DL (32 %) et celle de l'équipe Tiberi (12 %).

Tiberi appelle à l'Union de la droite

S'exprimant sur Radio J, le maire de Paris s'est adressé "à toutes les têtes de liste RPR-DL et UDF dans chaque arrondissement pour leur dire: attention, on vous a engagé dans une voie qui n'est pas bonne". Aupravant, il avait rappelé aux auditeurs qu'il avait déjà lancé un appel identique à M. Séguin, qui se présente en quatrième position dans le XVIIIème arrondissement, et que celui-ci l'avait refusé.

"Voyons nous, discutons pour tout faire afin qu'il y ait des listes d'union dès le premier tour", a lancé le maire de Paris qui a rappelé à plusieurs reprises que "(son) adversaire, c'est la gauche". "Si ça n'est pas possible, mettons au point un système de dialogue pour que nous nous respections les uns les autres et préparons le deuxième tour afin de faire gagner notre camp, pour que conformément à la loi, à la lettre et à l'esprit de la loi, il y ait fusion des listes" au deuxième tour, une hypothèse exclue par M. Séguin, a ajouté M. Tiberi.

"La candidature du +parachuté+ est une candidature de division, qui ne crée pas l'union", a-t-il poursuivi, désignant M. Séguin sans le citer. "Je suis moi le candidat de l'union, le candidat légitime, qui est le maire en place." Le maire de Paris a confirmé avoir "des contacts avec Charles Pasqua". La possibilité d'un accord avec le président du RPF "n'est pas à exclure", a indiqué M. Tiberi qui présentera ses têtes de liste le 16 janvier et ses listes complètes le 8 février.

Par Christophe ABRIC & Alexandra GUILLET le 07 janvier 2001 à 00:00
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