Jospin, la réplique

Par Philippe MATHON , le 12 janvier 2001 à 00h00

Répondant aux critiques d’immobilisme lancées par le chef de l’Etat, Lionel Jospin a assuré que 2001 sera "une année de travail" pour le gouvernement.

Jospin, la réplique © INTERNE

Bien sûr, il n'a pas manqué d'entamer son discours par un message de soutien "aux citoyens de l'Ouest de la France", qui "souffrent" actuellement des graves inondations. Mais c'est bien l'œil rivé vers l'avenir - et vers Jacques Chirac - que Lionel Jospin a présenté jeudi ses vœux à la presse.

"2001 n'est ni une année d'attente, ni une fin de période. Elle sera une pleine année de travail au service des Français", a affirmé le Premier ministre. Une façon pour lui de répondre aux oukases de Jacques Chirac qui avait à plusieurs reprises appelé de ses vœux que 2001 soit une "année utile" et non une "année sabbatique". "Le gouvernement travaille…", "il s'est attaché à….", "la France poursuivra son action…" : pas de doute, le souci de Lionel Jospin était bien de montrer un gouvernement en mouvement. Et, dit-il en substance, ce ne sont pas les échéances électorales à venir qui devraient brouiller le calendrier des réformes, réformes dont "la France a besoin", clamait mardi le chef de l'Etat.

Objectif : plein-emploi


Jospin-Chirac,
le calme avant la tempête ? -
"La cohabitation est loin d'être une situation idéale". Fort de ce constat, le chef du gouvernement s'est livré au jeu des mérites comparés des derniers gouvernements sur le thème de la croissance. Qui, aujourd'hui en France, est responsable de la bonne situation économique ? Là où, lundi, Jacques Chirac y voyait  la patte de son Premier ministre Alain Juppé (qui avait décidé, à Matignon en 1996, la diminution des taux d'intérêts), Lionel Jospin a choisi de la mettre au crédit de "la politique volontariste" de son gouvernement. "Depuis 1997, près de 1, 5 million d'emplois nouveaux ont été créés en France et 962.000 personnes ont retrouvé un travail. Si l'on s'attache aux performances des "gouvernements successifs" (allusion aux propos du chef de l'Etat), les deux précédents gouvernements n'ont suscité la création que de 200.000 emplois, tandis que le chômage augmentait de 260.000". L'objectif fixé aujourd'hui par le gouvernement : le plein emploi.

Pacte républicain, décentralisation, bioéthique, sécurité alimentaire… Lionel Jospin n'a pas manqué de présenter les "réformes" que son gouvernement devrait accomplir durant l'année 2001, une "pleine année de travail au service des Français". Avec une mention spéciale pour des sujets sensibles comme la Corse ou les retraites sur lesquels l'opposition et le président Chirac l'ont attaqué. Sans jamais prononcer le nom du chef de l'Etat, Lionel Jospin l'a accusé implicitement à propos des retraites de faire preuve "de catastrophisme" et de formuler "des injonctions intéressées".

"2001 sera une année de préparation de l'avenir"

Sur la Corse, le Premier ministre a lancé un appel "à la responsabilité" à l'adresse des adversaires du processus de Matignon dans l'opposition comme dans la majorité, à l'instar de Jean-Pierre Chevènement. Il a invité chacun à "ne pas jouer la politique du pire, ni à contrecarrer une démarche politique claire dans ses objectifs et saine dans sa méthode".

S'appuyant sur les récents sondages qui le placent devant Jacques Chirac pour 2002, Lionel Jospin a pris une posture présidentielle : "2001, assure-t-il, sera une année de préparation de l'avenir (…) Un avenir et un projet pour le pays". Sans faire de vagues, discrètement mais fermement, le chef du gouvernement a répondu point par point aux attaques élyséennes. A l'avenir, les échanges pourraient devenir moins polis.

Par Philippe MATHON le 12 janvier 2001 à 00:00
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