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Quoiqu’en laisse paraître le ministre de l’Intérieur, les menaces d’attentats contre Paris et Strasbourg proférées jeudi matin par le groupe d’Armata Corsa dans les colonnes du Figaro sont prises au sérieux par les autorités. Bien plus encore que ces menaces, certaines allégations concernant des irrégularités dans l’enquête sur le meurtre de Jean-Michel Rossi retiennent l’attention de la justice.
Le juge Jean-Louis Bruguière - AFP
Le parquet antiterroriste de Paris a élargi l’enquête déjà ouverte pour "menace de mort et association de malfaiteurs" aux déclarations publiées dans le quotidien parisien. Les juges Jean-Louis Bruguière et Laurence Le Vert pourraient s’intéresser aux relations entre la police et le milieu corse. Armata Corsa est persuadée que le gouvernement connaît les auteurs de ce meurtre.
Les préfectures de police agissent discrètement
Selon l’organisation clandestine, les Renseignements généraux auraient entre les mains les pièces nécessaires pour arrêter huit nationalistes corses alliés à des "voyous toulonnais". Certaines de ces informations corroboreraient des éléments déjà en possession de la justice. Ainsi, le porte-parole mystérieux d’Armata Corsa fait état d’une filature menée par les RG au cours de laquelle les policiers auraient laissé les meurtriers opérer un attentat contre une caserne le 4 décembre dernier. Sans broncher. Officiellement, la filature avait échoué.
Eludant les questions concernant un éventuel renforcement du dispositif de sécurité à Paris et à Strasbourg, le ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant s’est contenté de répondre : "Nous ne gouvernons pas sous la menace". Selon Le Figaro, un plan de sécurisation sera mis en œuvre à Paris dès le 26 janvier. Les services de renseignements ne craindraient pas des attentats aveugles mais des actions dirigées contre les symboles de l’Etat, comme les forces de l’ordre et les ministères. La préfecture a prévu de déployer les CRS dans les gares et le métro ainsi qu’aux abords de la tour Eiffel. La préfecture de Strasbourg a demandé à la police "une surveillance renforcée des points sensibles", notamment les bâtiment du Conseil de l’Europe et du Parlement européen.
Daniel Vaillant : "Nous ne gouvernons
pas sous la menace" - AFP
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