Lourdes sanctions contre l'AS Saint-Etienne

Par Philippe MATHON , le 17 janvier 2001 à 10h09 , mis à jour le 17 janvier 2001 à 10h27

La Commission juridique de la Ligue nationale de football a décidé mardi de retirer sept points à l’ASSE dans l’affaire des faux passeports, prononçant une sanction dure contre Gérard Soler, le président délégué du club, et des suspensions plus mesurées contre les joueurs Alex et Levytsky.

guichard etienne st stades foot sport © INTERNE

L'AS Saint-Etienne a été pénalisée de 7 points au classement du Championnat de France de D1 par la Commission juridique de la Ligue nationale de football (LNF), réunie mardi à Paris pour examiner le dossier des faux passeports. D'autre part, l'attaquant brésilien Alex et le gardien ukrainien Maxim Levytsky ont été suspendus pour quatre mois, dont deux avec sursis, et Gérard Soler, le président délégué du club, pour un an ferme de toute fonction officielle. Au sujet d'Alain Bompard, le président de l'AS Saint-Etienne, la commission a demandé au conseil d'administration de la LNF de saisir la commission de l'éthique pour apprécier ses responsabilités.

Vers 1h00 du matin, l'avocat du club, Me André Soulier, a indiqué que les dirigeants foreziens ont décidé "d'interjeter appel immédiatement". Cet appel est suspensif.

La commission a décidé de ne pas revenir sur tous les résultats du Championnat jusqu'au 11 novembre, ceux-ci ayant déjà été homologués. Avec ces sept points de pénalité, Saint-Etienne descendrait de la 11e à la 15e place avec 23 points, à égalité avec Metz, 16e et premier relégable. Enfin, la commission juridique a décidé de rejeter la réclamation déposée le 2 décembre par Toulouse lors du match Saint-Etienne-Toulouse (1-0).

La responsabilité des dirigeants

Alex, soupçonné d'avoir bénéficié d'un passeport portugais de complaisance et mis en examen lundi pour usage de faux, a été entendu, mardi soir, pendant deux heures, par la commission, qui s'est prononcé après trois heures de délibéré. L'Ukrainien Maxim Levytsky, récemment transféré au Spartak Moscou, avait déjà été entendu par la Commission, mardi dernier, puis mis en examen pour avoir bénéficié d'un faux passeport grec.

Mondragon ne reconnaît pas les faits

Mardi, Farid Mondragon, le gardien de but colombien du FC Metz, avait  affirmé "n'avoir jamais avoué aux enquêteurs lors de sa garde à vue (lundi) que son passeport (grec) était faux", mais le Parquet de Paris, qui instruit la plainte contre X déposée par la LNF, a estimé que le délit était constitué et a opté pour une convocation directe devant le tribunal, le 14 mars, sans procéder à d'autres investigations.

Une inconnue demeure cependant dans la mesure où l'on s'explique mal pourquoi le Colombien a utilisé un faux passeport grec alors que son club n'avait pas atteint le quota de trois joueurs extra-communautaires fixé par l'article 114 de la LNF. "Le passeport grec date de février 1999 soit plus d'un an avant les pourparlers de Metz avec le joueur", affirme l'avocat du club Me Guy Reiss pour qui "le règlement sportif a été parfaitement respecté puisque Metz n'avait à l'époque que deux joueurs extra-communautaires".

Il appartiendra désormais à la Commission juridique de la LNF de déterminer si le gardien international colombien, en "fraudant sur son identité" sans que le club ne viole le quota sur le nombre des joueurs extra-communautaires, est passible d'une sanction administrative et sportive, indépendamment de la sanction pénale.

Par Philippe MATHON le 17 janvier 2001 à 10:09
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