« Non, je n’irai pas en prison ! »

Par , le 10 janvier 2001 à 00h00

Retrouvez la suite des mésaventures de notre personnage imaginaire, Roger M, à travers lesquelles la rédaction Internet de TF1 vous propose de découvrir les principales réformes de la procédure pénale entrées en vigueur le 1er janvier dernier ; Aujourd’hui : l’appel en assises et la judiciarisation de l’application des peines.

« Non, je n'irai pas en prison ! » © INTERNE

Roger M. a été condamné, le 10 janvier 2002 par la cour d’assises de Paris à douze ans de prison pour le meurtre de son épouse, un an auparavant. Mais Roger M., qui a pourtant reconnu les faits, ne veut pas entendre parler de cette condamnation. Et décide d’user de la nouvelle loi entrée en vigueur le 1er janvier 2001 qui lui permet, dans les dix jours qui suivent le prononcé d’une condamnation par une cour d’assises, de faire appel.  Ainsi espère-t-il tomber sur un jury plus compréhensif, qui allègera sa peine.

De l’appel en cour d’assises

Roger M. fait donc connaître ses intentions au greffe de la cour d’assises de Paris, celle-là même qui a rendu la décision attaquée. L’appel est alors porté devant une autre cour d’assises désignée par la chambre criminelle de la cour de cassation. Dans ce cas précis, ce sera Lyon. " Le jury de jugement " qui se prononcera de nouveau sur le sort de Roger M. sera alors composé de 12 jurés et non plus seulement de 9.


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Roger M. est satisfait, mais dans l’attente, il ne retrouvera pas la liberté. Ainsi en a décidé la chambre d’instruction (ex-chambre d’accusation) pour qui sa culpabilité ne fait guère de doute. Il ne bénéficiera donc pas comme Magali Guillemot dans le cadre d’une autre affaire (maltraitance d’un enfant ayant entraîné la mort de ce dernier), d’une exception à la règle. Une exception prévue dans la nouvelle loi sur la présomption d’innocence, qui stipule que lorsque la condamnation de la cour d’assises n’est pas définitive, l’accusé peut dans certains cas retrouver la liberté en attendant l’appel.

Six mois plus tard, la cour d’appel d’assises de Lyon confirme la condamnation de Roger M. à 12 ans de prison. Il est aussitôt ramener dans son établissement pénitentiaire pour y effectuer sa peine.

Dernier espoir, la liberté conditionnelle

Roger M. doit donc purger sa peine. Après quelques mois de rébellion, il décide finalement de mettre à profit son incarcération en suivant une formation d’apprenti menuisier.  Arrivée à la moitié de sa peine, il souhaite tenter une demande de libération conditionnelle. C’est alors qu’on lui rappelle que ses droits en la matière ont évolué. Depuis janvier 2001, pour les condamnations supérieures à 10 années, la décision de libération conditionnelle n'est plus du ressort du garde des sceaux. Elle relève désormais de la responsabilité des "chambres régionales d'application des peines". Roger M. écrit donc à la chambre régionale d'AP dont il dépend.

(Si sa condamnation avait était égale ou inférieure à 10 ans, c'est le Juge d'application des peines (JAP) qui aurait été compétent (à compter d'avril 2001). Ce dernier aurait pris sa décision après un débat contradictoire, alors que jusqu'à maintenant, la mesure dépendait de la commission de l'application des peines de l'établissement pénitentiaire, en l'absence du détenu et sans qu'il puisse interjeter appel).

De longues semaines passent. Roger M. reçoit enfin l’avis de la juridiction d’application des peines. Il est négatif et motivé. D’abord abattu, Roger M. retrouve une lueur d’espoir : la réforme du code de procédure pénale prévoit la possibilité de faire appel de cet avis négatif. Roger M. attend désormais la réponse.

Ce cas pratique a été réalisé en collaboration avec Maître Franck Boezec, président de la commission pénale du syndicat des avocats de France.

Par Alexandra Guillet le 10 janvier 2001 à 00:00
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