© INTERNEJacques Chirac persiste et signe. Après avoir souhaité, le 31 décembre, "que 2001 soit une année utile", propos qui avaient passablement irrité l'entourage du Premier ministre, le chef de l'Etat a poursuivi mercredi sur le même ton en faisant valoir que "le travail à accomplir est évidemment considérable pour la France et pour les Français".
Interrogé à son arrivée à l'Elysée sur ce qu'était pour lui une "année utile", Lionel Jospin a renvoyé le Président dans ses cordes, invitant les journalistes à "regarder les trois années et demie qui viennent de se passer" depuis son arrivée au pouvoir. Dans sa réponse, Jacques Chirac s'est fait le porte-parole des "attentes" des Français, "qu'il s'agisse de la sécurité, de l'éducation, de l'emploi, du pouvoir d'achat, des retraites ou encore de l'environnement et de la qualité de la vie" et a reconnu que "la tâche du gouvernement serait lourde".
"Les tentations de toutes sortes"
Laissant entendre que Lionel Jospin était d'ores et déjà entré en campagne, le chef de l'Etat a formulé une mise en garde. "Il y a, ici et là, nous le savons, des tentations de toutes sortes. Il importe que personne n'y cède et que chacun reste concentré sur l'essentiel, refusant de se laisser entraîner par les polémiques et les vaines querelles", a-t-il insisté.
Il a souhaité enfin "que la France tire le meilleur parti de l'année 2001", ajoutant: "Nous aborderons ensuite, mais ensuite seulement, les grands débats nationaux qui engageront l'avenir de la nation". Les affrontements sont toutefois restés feutrés.
L'hommage appuyé au Conseil Constitutionnel
Clin d'œil : Jacques Chirac a raccompagné Lionel Jospin sur le perron de l'Elysée à l'issue du premier conseil des ministres de l'année qui suivait cette cérémonie. Avec ce geste exceptionnel de courtoisie, M. Chirac répondait à sa manière au Premier ministre, qui lui avait grillé la politesse en adressant avant lui ses vœux aux Français dans une tribune libre au Journal du Dimanche.
L'après-midi, le chef de l'Etat, qui s'était gardé de toute allusion aux "affaires" depuis son interview télévisée du 14 décembre, a reçu les vœux du Conseil constitutionnel, critiqué par certains, à gauche, pour avoir marqué les limites de la responsabilité pénale du président de la République. Jacques Chirac a rendu un hommage appuyé à "la fonction de vigilance" qu'exercent les neuf sages du Palais Royal et a tenu à les défendre contre "des polémiques parfois indignes". Un geste qui ne manquera pas d'être considéré par certains comme un renvoi d'ascenseur.
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