© INTERNEC'est le jour "J". Le "Procès Dumas" avait bien commencé pour le principal intéressé, avec les déclarations apaisantes de son ex-maîtresse. "Je n'ai pas la preuve qu'il (Roland Dumas) ait appelé directement Sirven et Le Floch pour mon embauche", avait affirmé lundi Christine Deviers-Joncour. Une prise de position contradictoire avec celle qu'elle avait adoptée au cours de l'instruction. Elle affirmait alors que son emploi avait été créé "sur ordre" du ministre des Affaires étrangères. La présidente du tribunal n'avait pas manqué de relever cette " nouvelle version des faits". Griffonnant une note sur son carnet, Roland Dumas avait laissé échappé un rictus de satisfaction.
Mais mardi, l'ancien ministre a été "mouillé" par André Tarallo, l'ancien-"Monsieur Afrique d'Elf". Celui-ci a expliqué avoir signé, en juillet 1989, le contrat de Mme Deviers-Joncour sur ordre d'Alfred Sirven, "à la demande de Roland Dumas". "M. Sirven vous dit alors que cette embauche se fait à la demande de Roland Dumas", demande la présidente. "Oui, c'étaient à peu près ses termes", a-t-il répondu.
Sa plus importante plaidoirie
Attentif mais silencieux sur le banc des prévenus depuis le début du procès, Roland Dumas, l'ancien avocat au verbe haut, devra sortir sa meilleure plaidoirie pour espérer convaincre la présidente du Tribunal aujourd'hui. Sa défense sera double : nier toute intervention de sa part dans l'embauche de Christine Deviers-Joncour et affirmer n'avoir jamais, d'une façon ou d'une autre, tiré profit du train de vie de son ex-maîtresse. La présidente du tribunal ne manquera pas de lui rappeler l'existence des célèbres "petits cadeaux" : bottines à 11 000 francs, statuettes antiques achetées 300 000 francs. Toujours avec de l'argent provenant d'Elf. C'est encore un appartement de 17 millions de francs, occupé par Christine Deviers-Joncour, où l'ancien ministre était chez lui. "Une clé en or" promise par Alfred Sirven, le directeur des affaires générales d'Elf.
Mais que l'on ne s'y trompe pas : l'aspect spectaculaire des sommes indiquées ne devrait pas faire vaciller Roland Dumas. Le dossier d'accusation paraît trop faible pour inquiéter le dandy.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




