Sang contaminé: vice de forme

Par , le 10 janvier 2001 à 00h00

La chambre de l’instruction a décidé mercredi de retourner pour un vice de forme le dossier du sang contaminé au juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui pourrait renvoyer en cour d’assises les trente personnes poursuivies dans ce dossier.

[Expiré] [Expiré] Poche pochette sang transfusion santé hopital © AFP

Nouvel atermoiement dans l’affaire du sang contaminé. La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a décidé mercredi d'annuler "l'ordonnance de transmission de pièces" au juge du fond et a renvoyé le dossier au juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy.


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Cette cause de nullité avait été évoquée, en décembre dernier, par le président de la chambre d'accusation - devenue la chambre de l'instruction - Gilbert Azibert. Celui-ci avait relevé que certaines des trente personnes mises en cause avaient été mises en examen pour "empoisonnement", puis finalement poursuivies pour "homicides involontaires" sans avoir jamais pu s'expliquer sur ce délit précis devant le juge.

Un décision en 2002 ?

Ce retour à l’instruction va certes allonger la durée de l’affaire mais moins qu’on pourrait le craindre. En effet, la nouvelle loi sur la "présomption d'innocence" permet à la juge d’instruction de prononcer directement le renvoi en cour d’assises, sans avoir besoin de transiter par une autre juridiction. Le procès pourrait débuter dès la fin de l’année ou, plus vraisemblablement, début 2000 devant la cour d’assises.

Les trente personnes poursuivies sont d'anciens responsables de la transfusion, dont des médecins, d'anciens hauts fonctionnaires de la Santé publique, d'anciens conseillers ministériels, parmi lesquels l'actuel PDG de Renault Louis Schweitzer ainsi que Michel Garretta, l'ex-directeur du Centre national de transfusion sanguine, déjà condamné en 1994 dans un autre volet de cette affaire.

Troisième procès


Le docteur Garetta
est mis en examen
dans cette affaire. -
Les mis en examen sont soupçonnés d'avoir provoqué ou favorisé en 1985 la contamination par le virus du sida de plusieurs centaines de patients en laissant en circulation des produits sanguins contaminés, en les prescrivant, ou en retardant l'entrée en vigueur du dépistage obligatoire du sida dans les dons de sang.

Trois personnes, dont le docteur Garretta, ont été jugées et condamnées par le tribunal correctionnel en 1992 dans une autre partie du dossier. En 1999, le procès des trois ministres, Laurent Fabius, Georgina Dufoix et Edmond Hervé, devant la Cour de Justice de la République, s'était achevé par la relaxe des deux premiers, et la condamnation avec dispense de peine de M. Hervé.

Par David Straus le 10 janvier 2001 à 00:00
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