Séguin campe sur sa (4ème) position

Par Christophe Abric et Alexandra GUILLET , le 21 janvier 2001 à 13h54 , mis à jour le 19 janvier 2001 à 14h17

Philippe Séguin ne changera rien. Malgré les nombreuses pressions dans son camp pour qu'il prenne la tête de la liste du XVIIIe, le candidat à la mairie de Paris a décidé de rester en quatrième position. Un choix que ni les électeurs ni Alliot-Marie ne semblent comprendre.

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Philippe Séguin a mis les points sur les i. Il ne cherche pas à perdre Paris, il ne changera rien à sa stratégie, il fera taire les critiques qui émanent de ses proches mêmes. Interrogé sur Europe 1, il a mis fin aux rumeurs qui le voulaient hésitant sur la conduite à adopter dans l'arrondissement clef qu'est le XVIIIe. Dans son entourage, on mettait ces derniers jours la pression sur le député des Vosges afin qu'il prenne la tête de la liste dans cet arrondissement, où il ne s'est mis qu'en quatrième position, au profit de la jeune Roxane Decorte. Mais rien n'y fait, Séguin opte pour le statu quo. Roxane restera première, et lui quatrième : "Vous imaginez, alors que je fais un effort de rajeunissement et de féminisation - 5 moins de 35 ans, 7 femmes têtes de liste sur 20 - que je vais aller retirer (la tête de liste) à Roxane Decorte, née dans le XVIIIème arrondissement, qui a milité dans le XVIIIème arrondissement, qui incarne cette  volonté de renouveau !".

"Vous croyez vraiment que si je voulais perdre, je ferais tout ce que je fais, je subirais tout ce que je subis ?"
Philippe Séguin

Séguin en a profité pour faire taire ceux qui critiquent sa stratégie, alors que le droite perd chaque jour du terrain dans les sondages : "Vous croyez vraiment que si je voulais perdre, je ferais tout ce que je  fais, je subirais tout ce que je subis, que j'accepterais toutes les pressions,  les injures dont je suis l'objet, que je passerais ma vie dans les cages  d'escaliers, dans les rues ou à écrire des discours? Qu'on arrête de dire des  bêtises : je veux gagner Paris et c'est précisément avec les moyens que j'ai  définis qu'on a une chance de gagner Paris", a-t-il affirmé. Il a ajouté qu'il n'y avait strictement aucun parfum d'échec" autour de se  campagne et qu'il avait "un moral d'acier parce qu'(il est) convaincu de la  justesse de (son) combat".

Seguin suscite nombre d'incompréhensions dans son camp...

Michèle Alliot-Marie, présidente du RPR, s'est montrée sceptique vis à vis de la décision de Philippe Séguin. Interrogée sur Radio J, tout en soutenant son candidat, elle a déclarée que "les électeurs ne comprennent pas forcément les subtilités électorales (...) et ce type de  raisonnement". Un sentiment rejoint par une des têtes de listes, qui a voulu garder l'anonymat : "on se rend compte au contact des Parisiens que sa démarche n'est pas comprise. On nous dit d'emblée à chaque réunion, de la loge de concierge à la grande bourgeoisie, 's'il n'est pas tête de liste, ça veut dire qu'il ne veut pas être maire de Paris. Il a passé un accord avec Edouard Balladur' ".

...A la plus grande joie de son rival socialiste

"Je ne considère pas que je suis un vainqueur probable. Simplement il y a une hypothèse sérieuse que Paris choisisse le changement" B. Delanoë 

Pendant que la droite patauge, la gauche, elle, se régale. Ainsi, le candidat PS à la mairie de Paris a-t-il déclaré, dimanche soir, lors du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI : "Je sens une dynamique". "Je ne considère pas que je suis un vainqueur probable. Simplement il y a une hypothèse sérieuse que Paris choisisse le changement", a ajouté Bertrand Delanoë. Le candidat socialiste a estimé au passage que le chef de file des Verts, Yves Contassot, "ferait sans doute un bon maire adjoint".

Interrogé sur la stratégie de la droite en cas d'échec du candidat RPR Philippe Séguin, Bertrand Delanoë s'est déclaré convaincu qu'Edouard Balladur et Françoise de Panafieu "attendent qu'il ait des difficultés pour se présenter à sa place". "Je crois qu'une partie de la droite prépare un +troisième tour+. Pour les Parisiens, c'est le dispositif le plus confus, le plus inefficace et le plus déloyal vis-à-vis des électeurs, notamment des électeurs de droite", a-t-il ajouté.

Par Christophe Abric et Alexandra GUILLET le 21 janvier 2001 à 13:54
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