© INTERNEAlors que les professionnels des transports de fonds sont encore sous le coup des récentes attaques de convois, c’est un procès explosif qui s’ouvre aujourd’hui devant la Cour d'assises de Paris : celui de trois meurtriers de convoyeurs. Jusqu'à mercredi prochain, ils vont être jugés pour l'attaque des locaux du Sernam à Paris, en 1997, au cours de laquelle deux convoyeurs de fonds avaient été tués et un troisième homme grièvement blessé, pour un butin dérisoire.
Deux morts et un blessé pour un sac rempli de chèques
C’est "poussés par un besoin d’argent" que Bruno Devos, Daniel Penarrocha et Yann Raoul, un jour d’octobre 1997, attaquent les convoyeurs de fonds qui apportent des sacs dans les bureaux d'un entrepôt du Sernam (service national de messageries, de la SNCF), rue de la Chapelle, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Rapidement, le vol tourne mal et l'un des malfaiteurs, Yann Raoul, tire à plusieurs reprises. Deux convoyeurs, Daniel Sache et Roger Bonnefoy, sont tués. Avant de s'enfuir, les malfaiteurs répandent de l'essence et Bruno Devos met le feu. L'un des employé de la SNCF, Francis Veyne, ayant glissé sur le sol imbibé d'essence, est très grièvement brûlé. Les trois malfaiteurs s'enfuient en VTT. Ironie du sort : au cours de leur fuite, ils remarquent que le sac volé ne contient pas de valeurs, seulement des chèques, donc "non négociables". Ayant laissé sur les lieux un téléphone portable et d'autres objets personnels, les trois hommes sont rapidement identifiés, et interpellés tout juste dix jours après le braquage.
L'hommage rendu au convoyeur tué
le 3 janvier à Villejuif-
La question du quatrième homme
Aujourd’hui, les trois hommes reconnaissent globalement les faits. D'intelligence normale, sans réel passé judiciaire, ils ne sont pas des professionnels, et, récemment, l'un d'entre eux a mis en cause un quatrième homme qui serait l'organisateur de ce vol à main armée. L'un des accusés a été plus précis, en donnant l'identité de l'individu, au président de la cour d'assises lors de la préparation de ce procès.
Dans le cadre d'un supplément d'information ordonné le président Jean-Pierre Getti, l'homme a été interpellé et confronté aux trois accusés. Il n'a pas été formellement reconnu par tous les accusés. Mais ce supplément d'information ne devrait pas retarder le procès. Les trois accusés peuvent en effet être jugés indépendamment d'un éventuel quatrième braqueur.
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