L’enquête engagée par le Juge Courroye sur un trafic d’armes vers l’Angola et dans laquelle sont notamment impliqués Jean-Christophe Mitterrand et Pierre Falcone, est bel et bien valide. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a rejeté, vendredi après-midi, la quasi-totalité des demandes en annulation dans ce dossier.
Les mises en examen pour "trafic d'armes" validées L’Abbé Pierre auditionné comme témoin L’entretien, dont l'existence n'a été révélée que cet après-midi, s'est déroulé pendant deux heures à son domicile en région parisienne. Etaient présents les deux juges d'instructions en charge de l'affaire. L'audition faisait suite à un entretien publié le 19 janvier par le Figaro dans lequel l’abbé Pierre affirmait qu'il avait averti Danielle Mitterrand, la veuve de l'ancien président de la République, sur "certaines activités" de son fils Jean-Christophe en Afrique. Le prêtre racontait notamment que "deux évêques proches de Mobutu", l'ancien président du Congo, l'avaient rencontré en 1996 et averti que Jean-Christophe Mitterrand "menait un très grand train de vie au côté de Mobutu". "Mais surtout, ils l'accusaient de faire de gros profits financiers sur des ventes d'armes à l'Angola".
Seuls quelques documents isolés, ne remettant pas en cause l'ensemble de la procédure, ont en définitive été annulés par la Cour d'appel. Cette dernière n'a donc pas suivi les réquisitions du parquet général qui avait demandé, le 12 janvier dernier, l'annulation des poursuites pour "trafic d'armes". Un décret de 1939 stipule en effet que ces poursuites ne peuvent être engagées par la justice qu'après le dépôt d'une plainte par les ministères de la Défense ou des Finances. Les trois magistrats de la chambre de l'instruction ont estimé qu'une plainte des services des impôts, dépendant du ministère des Finances, autorisait la justice à engager des poursuites pour trafic d'armes. Selon la chambre de l'instruction, le parquet de Paris a pu "à juste titre" engager des poursuites pour "trafic d'armes" le 24 novembre 2000, après une plainte des services fiscaux, en date du 16 juin 2000, pour fraude fiscale qui faisait état d'une "activité dissimulée" de ventes d'armes.
La Cour d'appel a également demandé le maintien des chefs d'accusation de "trafic d'influence aggravé, abus de biens sociaux et recel".Pourvois en cassation
Le juge Courroye, très violemment attaqué par Jean-Christophe Mitterrand et son entourage en janvier, se voit donc conforté dans son enquête. Il peut désormais poursuivre ses investigations, notamment vers l'Afrique. Toutefois, plusieurs avocats de personnes poursuivies ont aussitôt annoncé leur volonté de former un pourvoi en cassation.
Les juges en charge de l'instruction soupçonnent Pierre Falcone d'avoir vendu en 1993 et 1994, sans avoir reçu d'autorisation officielle des autorités françaises, pour plus de 500 millions de dollars d'armes, venant d'Europe de l'Est, au régime angolais, au plus fort de la guerre civile déchirant ce pays d'Afrique australe. Jean-Christophe Mitterrand, poursuivi pour "complicité de trafic d'armes, trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux", est soupçonné d'avoir fait jouer ses relations en Afrique pour favoriser ces ventes et d’avoir touché une forte commission au passage.
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