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Match nul. Le spectacle tant attendu n’a pas eu lieu. Faute d’avoir su s’extirper de la sempiternelle querelle de chiffres, avatar des débats politiques, Bertrand Delanoë et Philippe Séguin ont quitté les locaux de la chaîne cryptée en laissant les téléspectateurs bien seuls. Sans clé pour échafauder une opinion. Résultat : les observateurs ne devraient pas manquer de relever l’occasion manquée par Philippe Séguin de refaire son retard sur le candidat de la gauche plurielle.
Celui-ci lance un premier pétard mouillé. Ce débat sans Jean Tiberi (le maire sortant) et Yves Contassot (chef de file des Verts) ? " De la faute de mon adversaire ", lance-t-il en direction de Philippe Séguin. Qui répond en substance : " Je regrette que l’on entame le débat de cette façon ".
Delanoë évoque Jacques Chirac
Le reste sera plus consensuel. Dans la forme : Delanoë, la bouche pincée, récite un discours appris par cœur ; Séguin lit péniblement ses notes d’un ton monocorde. Dans le fond, tous deux campent sur leurs positions, le débat se réduisant souvent à un dialogue de sourd. La faute sans doute au découpage très strict du débat décidé par la chaîne cryptée.
Abordant le thème sensible de la sécurité, les deux hommes se sont tout de même livrés à une discrète joute verbale. Le candidat socialiste s'est une nouvelle fois prononcé contre une police municipale, s’appuyant pour l’occasion sur une déclaration de Jacques Chirac en 1990. "Une police municipale, je pense, comme Jacques Chirac, que ce n'est pas très républicain", a-t-il dit. "Vous préférez les polices privées ? " lui a répondu Philippe Séguin, parlant de "dogmatisme" et "d'inconséquence".
"Code de déontologie drastique"
En cas de victoire finale, Bertrand Delanoë a promis une "totale transparence" dans la procédure d'attribution de places en crèches et de logements. "L'opposition municipale si je suis élu aura tous les éléments de contrôle qui nous ont été refusés", a-t-il ajouté, avant de rappeler qu'il avait demandé de plus grand pouvoirs pour le maire de Paris, en matière de circulation et de trafic, s'attirant une réplique cinglante de son adversaire. "Vous n'aurez pas la capacité politique de les mettre en œuvre", a lancé Philippe Séguin.
Le candidat officiel de la droite a cru bon de rappeler le "code de déontologie drastique" qu'il avait imposé à ses colistiers. Un argument qui a eu pour seul effet de réveiller un Delanoë transformé en père tranquille : "Si vous avez besoin d'un code de déontologie pour vos co-listiers, c'est votre problème !"
Finalement, le spectacle a davantage eu lieu à l’extérieur des locaux de Canal+. Pendant que les deux hommes s'affrontaient, environ 300 personnes - des partisans d'Yves Contassot et de Jean Tiberi, ont manifesté leur mécontentement. Comme il l'avait annoncé, le candidat vert a essayé d'entrer dans l'immeuble. En vain.
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